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Industrie automobile (Part I): Ces chiffres qui déstabilisent nos gouvernants

Auteur : AZIEZ Brahim   
Publié le : 06 Juin 2019

Après le blocage des importations en 2015 avec la perspective de lancer une industrie automobile qui aurait été salvatrice pour l’économie algérienne, et l’introduction des licences d’importations en 2016 pour réduire la facture d’importation, des mesures qui ont été suivies par l’interruption totale des importations et l’élaboration des cahiers des charges de 2017, le secteur automobile continue à se chercher... Pis encore, et deux ans et deux gouvernements plus tard, de nouvelles mesures viennent chambouler la donne. En effet, les récentes mesures prises par les gouvernants qui consistent en une limitation de la facture d’importation des kits CKD/SKD à 2 milliards de dollars pour 2019 tout en répartissant cette manne sur 4 opérateurs en activité, avec en arrière plan l’ouverture des importations des véhicules d’occasion marquent un recul par rapport à une politique menée tambour battant. Elles viennent confirmer l’instabilité chronique qui caractérise le cadre réglementaire en Algérie en ce sens où, indépendamment des hommes en place, c’est encore une fois la crédibilité du pays qui est mise à mal par le revirement soudain sur des lois pondues au nom de la république et bafouées par ses représentants.

En fait, l’engouement de l’Algérie pour l’industrie automobile était, dès le départ, décrié par les experts, économistes et acteurs du secteur. Ce projet cher à un seul homme allait mener le pays à assembler plus 530 000 véhicules à l’horizon 2023, dont 480 000 véhicules de tourisme, selon un document du ministère de l’Industrie et des mines décortiqué par le seul média électronique au fait des confidences gouvernementales, TSA. C’est ce qui arrive lorsqu’il y a absence de communication et de transparence.

Dans cette analyse livrée par ce média électronique sur un document datant du 14 mai et signé par la ministre de l’industrie et des mines, Djamila Tamazirt, on y lit que ce volume jugé « largement supérieur à la dimension du marché », ce qui est loin d’être vrai vu les besoins du pays et les contraintes d’exportation imposées aux assembleurs, « nécessite d’importantes importations de kits qui aggraveront davantage la balance de paiement du pays ». Du coup, cela aurait poussé les pouvoirs publics à « entreprendre des mesures d’urgence, parmi lesquelles l’imposition des quotas d’importation de kits SKD/CKD pour les usines de montage de véhicules de tourisme, et la suspension de la validation de nouveaux projets de montage de véhicules. C'est-à-dire que l’Etat Algérien s’engage vis-à-vis de partenaires nationaux et étrangers, et ce même Etat se rétracte selon les voyants du moment.

Bref, les données du ministère dresseraient le portrait d’une industrie d’assemblage automobile où l’opulence est de mise, l’Algérie ambitionnant de faire assembler par une multitude d’opérateurs des  centaines de milliers de véhicules de toutes catégories chaque année.