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Industrie automobile (Part III) : quels besoins pour l’Algérie ?

Auteur : AZIEZ Brahim   
Publié le : 09 Juin 2019

L’automobile semble passer pour le souffre douleur des pouvoirs publics. Un casse-tête crée par ces mêmes institutions qui ne savent, aujourd’hui, plus quelle démarche entreprendre.

Dans une analyse faite par un média électronique depuis peu, il était fait référence à un document qui stipulait que le projet algérien d’industrie automobile « allait mener le pays à assembler plus 530 000 véhicules à l’horizon 2023, dont 480 000 véhicules de tourisme », tout en ajoutant que ce volume est jugé « largement supérieur à la dimension du marché ». Une affirmation qui est battue en brèche par la réalité du marché algérien et ses besoins.

Nous avons publié le 06 janvier dernier un article dans lequel nous évoquions la situation du parc roulant en Algérie à la fin de l’année 2017 et les besoins du pays en matière d’équipement. Pour cela,  nous avons repris les statistiques de l’ONS (office national des statistiques) en matière de population et de parc de roulant en la comparant à quelques pays. Et selon l’ONS, le parc national automobile comptait  6 162 542 véhicules à fin 2017. Cela représente un niveau d’équipement de l’ordre de 146 véhicules pour 1000 habitants, sachant que l’Algérie dont la superficie fait 4 fois celle de la France (2,381 millions de km2) atteignait les  42,2 millions d’habitants à la fin de la même année (2017). Ces chiffres classent notre pays très loin derrière les pays développés, sachant qu’en Europe de l’Ouest  la moyenne était de 600 véhicules/1000 habitants, alors qu’aux Etats Unis elle est de l’ordre de 800 véhicules/1000 habitants. Et encore, il est utile de préciser que ces chiffres doivent être pris avec des pincettes sachant que l'algérien n'a pas pour habitude de faire barrer sa carte grise lorsque son véhicule est réformé ou n'est plus fonctionnel, ce qui ramènerait le parc à un volume légèrement moindre.

Les chiffres de l’ONS précisent que le parc national qui était de 5 986 181 véhicules à fin 2016 avait augmenté2,94% à fin 2017, ce qui correspond à 176 361 nouvelles immatriculations, fruit de l’assemblage local, vu qu’il n’y a pas eu d’importations cette année là.

En fait, il y a eu 176 362 nouvelle immatriculations en 2017, l’importation des véhicules neufs (tous genres confondus) était de 48 950 unités (dont 30 615 l’ont été par les particuliers), alors que 127 412 véhicules ont été assemblés localement.

A fin 2018, la population algérienne est passée à 43 millions habitants, alors que le parc automobile s’est étoffé de 180 000 véhicules neufs pour atteindre un total de 6 342 542 véhicules. Cela ramène le niveau d’équipement à 147,5 véhicules pour 1000 habitants, une moyenne encore faible par rapports à nos voisins, pour ne citer que ceux là.

Autre rappel, l’Algérie avait importé plus de 600 000 véhicules en 2011 et 2012, années durant lesquelles le crédit à la consommation (dont celui dédié à l’automobile) était suspendu, dont plus de 580 000 unités avaient trouvé preneur.

Et pour terminer, il est utile de rappeler aussi les exigences de l’Algérie vis-à-vis des opérateurs (assembleurs de véhicules) qui sont tenus d’exporter une partie de leur production, ou l’équivalent en pièces de rechanges au bout de la 5e année d’activité.