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Sécurité routière

Polémique sur les statistiques !

Auteur : Benmahmoud Kamel   
Publié le : 26 Décembre 2011
L'Algérie est au troisième rang mondial pour les morts dans des accidents de la route ! Cette affirmation publiée par plusieurs confrères a fait réagir le directeur du Centre National de prévention et de Sécurité Routière qui s’est interrogé sur l’origine de cette information lors d’une table ronde organisée par El Moudjahid.

En effet comment pourrait-on croire qu’il y a plus de morts en Algérie que dans des pays beaucoup plus vastes et beaucoup plus peuplés comme la Chine, l’Inde, la Russie, les Etats Unis ou le Brésil.

A titre d’exemple, le rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé de 2009 précise qu’on compte 105.725 morts en Inde, 96.611 morts en Chine, 42.642 morts aux Etats Unis, 35.972 morts en Russie et 35.155 morts au Brésil.

Sans aller aussi loin, il faut savoir que sur le continent africain, la situation en Afrique du sud et en Égypte est pire que chez nous. Ces deux pays comptent plus de 15.000 morts chaque année dans des accidents de la route.

Bien sûr toutes ces statistiques doivent être relativisées. Les chiffres bruts doivent être rapportés à la taille de la population et du parc automobile. Ainsi les trois pays du Maghreb Central comptent approximativement le même nombre de tués dans des accidents de la route, 13 morts pour 100.000 habitants.

Il n’y a certainement pas de quoi se réjouir de ces statistiques. La situation est réellement catastrophique dans notre pays. C’est pour cela qu’il n’est nul besoin de la noircir davantage. Pour la prévention, l’exagération n’est pas toujours une bonne stratégie de communication.

Cette polémique autour des chiffres ne doit nous faire oublier l’indigence des statistiques de la sécurité routière dans notre pays. On continue à ne comptabiliser que les personnes décédées sur le coup alors que l’Organisation Mondiale de la santé se base sur les 30 jours qui suivent l’accident. D’ailleurs, nous ne comprenons toujours pas pourquoi l’Algérie n’a pas participé à la plus grande enquête jamais réalisée sur la sécurité routière, celle organisée par l’OMS en 2008 et qui comprenait 178 pays.

On continue à croire que dans notre pays seuls 6% des accidents sont dus à l’état des véhicules alors que des pays où le parc automobile est plus récent et mieux entretenus que le notre avancent des statistiques de plus de 10%. De même les accidents dus à des raisons médicales ou de prise de médicaments sont tout simplement ignorés des statistiques algériennes.

La maîtrise des chiffres est pourtant nécessaire pour élaborer des stratégies efficaces de lutte contre les dangers de la route. C’est un vaste chantier qu’il faut sans doute se décider à ouvrir… un jour