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Quelle dimension pour l’unité Peugeot-Citroën Production Algérie ?

Auteur : AZIEZ Brahim   
Publié le : 21 Juillet 2019

Dans un communiqué du groupe PSA transmis à notre rédaction, moins d’un an suffira pour construire une usine qui commencera par assembler 50 000 véhicules par an la première année et 75 000 unités/an à terme, alors qu’il a fallu près de 4 ans au même groupe pour construire sa seconde usine au Maroc malgré tous les avantages et autres facilitations accordées par ce pays voisin au investisseurs étrangers. Mieux encore, et au moment où un grand débat est ouvert sur la solvabilité des projets industriels lancés dans notre pays en matière d’automobile, on s’attendait à ce que le projet de Peugeot, l’avant-dernier à se concrétiser, changerait de dimension. Or, selon les déclarations faites à un confrère par Jean Christophe Quemard, Executive Vice President de la Région Afrique et Moyen Orient et membre du Directoire du Groupe PSA, le « niveau de l’investissement n’a pas changé par rapport à ce qui était annoncé initialement ». Soit 100 millions d’euros, au moment où près d’1 milliards d’euros ont été mobilisés pour les usines de Peugeot au Maroc, dont la dernière a été inaugurée en juin dernier.

C’est dire que le projet algérien n’a pas la même consistance que celui implanté chez nos voisins, ni en terme d’investissements ni en terme de contenu technologique dans sa partie production, encore moins les mêmes ambitions. Cela malgré le poids du marché algérien chez le constructeur français, en terme de ventes…

Pour rappel, le constructeur français inaugurait le 19 juin dernier son usine du Maroc, après 4 ans de travaux, et qui devient la seconde du genre après celle de l’autre constructeur français Renault. Et c’est le roi Mohamed VI qui a inauguré cette usine implantée à Kénitra, à 45 km au nord de Rabat et pas très loin de l’usine Renault-Nissan.

L’accord signé en juin 2015 ouvre droit à des conditions fiscales et douanières avantageuses pour PSA qui souhaitait lancer une « offensive commerciale en Afrique ». L’export reste en ligne de mire pour le constructeur français dont les ventes au Maroc avoisinent les 14 000 unités entre Peugeot et Citroën (2018), alors qu’elles dépassaient les 80 000 unités en Algérie (2012).

En fait, le groupe PSA entamait, en juin dernier, le lancement officiel des travaux de construction de la deuxième phase de cette usine de nouvelle génération, conçue pour des véhicules thermiques et électriques, information confirmée par Moulay Hafid Elalamy, le ministre marocain de l'Industrie. L’ensemble des investissements du groupe PSA au Maroc atteindrait le milliard d’euros.

Cette usine de Kénitra emploiera à terme 2 500 salariés et 1 000 intervenants en sous-traitance. Moyennant 557 millions d’Euros d’investissement, elle a été construite en quatre ans sur une zone industrielle classée « zone franche » où se sont installés plusieurs équipementiers automobiles. L'usine produit depuis décembre déjà les moteurs destinés aux 208, un modèle également produit en Slovaquie. Progressivement, sa capacité annuelle de production doit passer à 200 000 véhicules d’ici fin 2020, entre 301, 208 II et Citröen C-Elysee.

Mieux encore, l'installation du groupe PSA au Maroc a entraîné l'ouverture d'une soixantaine d'équipementiers, avec l’objectif d’atteindre les 60% d’intégration locale au lancement, pour le porter à 80% à terme. Parmi ces équipementiers Fauricia, la filiale du groupe PSA (Peugeot-Citroën) spécialisée dans l’intérieur des véhicules. Celle-ci a investi plus de 170 millions d’euros dans sa seconde usine au royaume chélifien, et qui est opérationnelle depuis mars dernier. Fauricia compte porter ses investissements à plus de 380 millions d’euros avec la 3e usine qui devrait accompagner, encore plus, les usines PSA dans le pays voisin et à travers le monde.