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Histoire de l’Automobile en Chine

Publié le : 15 Mars 2009
Pour comprendre « la toile » dans laquelle est tissée l’industrie automobile chinoise, il est impératif de faire un voyage dans le temps pour connaître ses origines
Des blogs chinois en ont retracé quelques parcours, et c’est en les recoupant qu’on s’est fait une petite idée.  Il faut croire que celle-ci a commencé avec l’arrivée de Mao Zedong au pouvoir en 1949. Il abolit la propriété privée et lance des projets visant la construction de camions. Le 15 juillet 1953, une première entreprise d’Etat est créée sous le nom de First Automobile Works (FAW). D’autres entreprises suivront, avec pour vocation la fabrication de camions.
Pourquoi tant de camions ? D’une part, il y avait l’inspiration Soviétique de miser sur l’industrie lourde, et d’autre part, compte tenu du nombre d’habitants, il aurait fallu des dizaines d’usines pour motoriser la population. Et comme il y avait la construction de routes, il fallait des camions pour assurer un approvisionnement régulier et désenclaver certaines régions isolées.
En 1955, Pékin commence à importer des Gaz-69 (clone Soviétique de la Willys) qui seront fabriquées sous licence dès 1957 par ChangAn, mais rebaptisées « Rivière Yang-Tse ».  En Avril 1956, Mao lista les produits que FAW devait fabriquer : des camions qui s’éloignent des modèles Soviétiques, des tout-terrains et des voitures. Le 12 mai 1958, la DongFeng est présentée à Mao. Elle fera ensuite la tournée des foires agricoles et des congrès du parti, et FAW était censé construire 57 unités cette année là.
En septembre 1958, la Shanghai Electrical and Mechanical Services (l’ancêtre de SAIC) construisait à son tour une voiture, la Phoenix. Celle-ci est terminée en janvier 1959,  motorisée par une mécanique inspirée de celle de la Mercedes 180.
En 1964, seules 18 Phoenix avaient été produites… à la main. La production en série débutait l’année suivante, très lentement, et celle que l’on surnomme la « Shanghai » est distribuée aux fonctionnaires méritants. Le 30 juin 1958, l’Etat-major de FAW est réuni, et son patron annonce un nouvel objectif : construire des limousines à moteur V8 pour les hauts dignitaires du régime. Elles s’appelleront Hong Qi (drapeau rouge.)
Cette fois-ci, c’est une Chrysler de 1956 qui est sacrifiée pour son moteur V8, surtout que Richard Nixon devait se rendre à Pékin. Il sera, d’ailleurs, accueilli par des limousines Chinoises.  Dernier projet industriel notable sous Mao: les camions Berliet. En 1964, le général De Gaule part en visite officielle en Chine accompagné de chefs d’entreprises, parmi lesquels Paul Berliet, PDG de la marque fondée par son père. L’armée est intéressée par ses camions et un accord est passé. Dés 1965, Chongquing Hongyan Motor produit des Berliet sous licence. 3000 camions furent construits sous licence. Mais en 1977, Deng Xiaoping (qui fut ouvrier chez Berliet et Renault dans sa jeunesse) prend les commandes du pays. Sa maxime pour le moderniser était « peu importe que le chat soit blanc ou noir, pourvu qu’il attrape les souris ».
Le bilan économique était déplorable. Dans les usines, les équipements sont obsolètes et de nombreux cadres et ingénieurs avaient été expédiés au Laogai (le goulag Chinois).
Les chinois constateront que la production s’effondre. A peine 17 000 Shanghai de 1965 à 1979. En 1985, et malgré les réformes, le taux de motorisation était de 0,5 véhicules pour 1000 habitants. Les intérêts commerciaux entre le Japon et la Chine prennent une nouvelle tournure dès lors, et les usines Chinoises commencent à produire des micro-vans Japonais sous licence, à l’image des Suzuki construits par ChangAn, en 1986.
L’idée de Pékin était de commencer par des véhicules basiques, puis de passer à des véhicules plus modernes, notamment des berlines. Pendant ce temps, les ingénieurs pouvaient acquérir du savoir-faire et, à terme, concevoir leurs propres véhicules. Avant même que le premier mini-van ne sorte d’une usine Chinoise, Pékin réalisa les limites du système : dans une production sous licence, le constructeur vous vend un outillage, il vous aide à mettre en marche la ligne, puis c’est à vous de vous débrouiller.

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