Essai

Essai Renault Mégane III RS 2.0/250 ch

De la puissance et du mordant

Auteur : AZIEZ Brahim
Publié le : 10 Mai 2010
Fiche technique :
Moteur  :
Essence 4 cylindres, 16 soupapes
Cylindrée  :
1998 cc
Alimentation  :
Injection électronique et calage variable des soupapes d’admission
Suralimenation  :
Turbo à double turbine
Puissance fiscale  :
16 cv
Puissance dynamique max  :
250 ch à 5500 tr/mn
Couple maximal  :
340 Nm à 3000 tr/mn
Transmission  :
Aux roues avant (traction)
Boite de vitesses  :
Manuelle à 6 rapports
Dimensions (Longueur/largeur/hauteur)  :
4,30 m/1,85 m/1,44 m
Empattement  :
2,64 m
Volume du coffre  :
344 litres
Capacité du réservoir  :
60 litres
Poids à vide  :
1387 kg
Vitesse maximale  :
250 km/h
Consommation (urbaine/extra urbaine/mixte)  :
11,5litres/100 km-6,7 l/100 km-8,4 l/100 km
Dimension pneumatiques  :
Michelin PS3 235/40 R19
Equipements de série  :
ABS + AFU (AFU déconnectable selon le mode ESP utilisé), RR, 6ABG, AAF, DP, VCPCAD carte Renault, LVEAv/Ar, RER, ESP+CSV+ASR, RCD/MP3 CAV, RLV, ACA bi-zone
Prix  :
n.c

A défaut d’avoir eu l’opportunité d’essayer les modèles sportifs de la marque au losange, nous avons saisi l’opportunité de la disponibilité de la nouvelle Mégane R.S (III) lors d’un récent voyage en Espagne, et plus précisément à Almeria, pour découvrir le bolide cher à Renault le temps d’une balade en campagne d’une vingtaine de minutes.

 

Esthétiquement, la nouvelle Mégane R.S est très plaisante à voir, et sa couleur, blanc nacré, révèle toute la fougue du bolide au losange. Sa face avant se caractérise par une entrée d’air qui ressemble fort à une bouche dont la lèvre inférieure traduit un sourire moqueur…

Le logo R.S en chrome est apposé sur la petite calendre située sous le capot. 

Elle se distingue, dans sa partie arrière, par une large sortie d’échappement centrale, chromée et plutôt visible avec son implantation au milieu d’une sorte de grille noire.

A l’intérieur l’ambiance est  à l’esprit sportif avec des sièges baquets, des inserts en chrome sur les tachymètres, au volant et autour des baffes, sans oublier les pédaliers et le repose pieds en aluminium, alors que le compte-tour est carrément en jaune. 

Sur le volant en cuir apparait un trait jaune, comme sur la nouvelle Clio RS qui vient d’être lancée en Algérie. Il s’agit, en fait, du point « 0 » qui indique la position droite du volant. Mégane III R.S peut être proposée avec un châssis Sport ou un châssis Cup. La différence est que ce dernier propose un différentiel à glissement limité, pour les usages « musclés ». Une manière, aussi, de compenser l’absence d’une transmission intégrale. Le modèle que nous avons eu l’opportunité de conduire (châssis Cup) est reconnaissable grâce aux étriers de frein rouges (Brembo) et aux disques rainurés.

Sous le capot de la nouvelle Mégane R.S., on retrouve le quatre cylindres 2 litres turbo dans une version Euro 5 poussée à 250 chevaux. Une puissance dynamique maximale atteinte à 5.500 tr/min pour un couple de 340 Nm à 3.000 tr/min.
Sur ce moteur à calage variable des soupapes d'admission est suralimenté par un turbo. Un turbo à double turbine qui adopte un compresseur revu et corrigé pour se mettre au diapason des meilleures tractions de la catégorie. De nouveaux échangeurs air/air et eau/huile, ainsi que des soupapes refroidies au sodium ont été introduits sur ce bloc pour parvenir à ce gain de puissance.
La Mégane R.S. dans sa troisième génération abat le 0 à 100 km/h en 6,1 s, et sa vitesse maximale est affichée à 250 km/h. La consommation moyenne s'établit, selon Renault, à 8,4 l/100 km en cycle mixte. Une moyenne qu’il n’est pas évident de maintenir tant la tentation de titiller la zone rouge du compte-tour est grande.
Ce moteur est couplé à la boîte de vitesses à 6 rapports dont la démultiplication a été réduite par rapport à la version montée sur le Coupé TCe 180. 

Dans des conditions de conduite plus ou moins normale, la direction à assistance électrique conserve une appréciable précision. Une impression confirmée par la réduction du nombre de tours de butée à butée, et un meilleur rapport de démultiplication. 

Cette direction n’est pas pour autant sans reproche. Trop assistée, à notre avis, elle nous imposait des braquages par à coups lors des accélérations en virages.  

Agile dans les épingles, colée au sol dans les grandes courbes, difficile de lui trouver des failles. Elle impressionne sur les routes de campagne où sa facilité de conduite en toute sécurité est surprenante. Elle se montre également très à l'aise sur ligne droite où sa tenue de cap reste imperturbable à plus de 160 km/h. En fait, la nouvelle Mégane R.S. dispose d’un train avant à pivot indépendant et d’un train arrière de type essieu souple à épure programmée. Sa conduite se fait dans un confort de suspensions étrangement agréable. Nous avons même trouvé la nouvelle Mégane R.S plus confortable que le Coupé 2.0TCe/180 ch que nous avons eu le loisir d’essayer en Espagne (lors des essais presse internationaux de la Mégane III berline). 

Le second point où la sportive française nous a, quelque peu, déçu a trait aux sensations qu’elle distille, bien moins prégnantes que celles offertes par les Audi S3 et TTs que nous venions de conduire. Pas de réelle réaction au dessus de 2000 tours/mn, coupure moteur précoce (rupteur à 6500 tr/mn) qui nous a privé des sensations propres aux hauts régimes, et sonorité du moteur, et de l’échappement, plutôt baroque….                                                                                               C’était un peu frustrant par rapport aux 2.0 litres TSi de, respectivement, 265 et 272 ch que nous venions d’abandonner, et dont la mélodie résonnait encore dans nos oreilles.
Le freinage est assuré par des étriers Brembo à quatre pistons. Leur efficacité est rappelée à chaque fois qu’on appuie sur la pédale de frein, malgré les 1387 kg du bolide. 

Sur route, la Mégane III R.S. qui était chaussée, pour l’occasion, des nouveaux pneumatiques Michelin Pilot sport 3 (235/40 R19) dépassait rarement ses limites d'adhérence. Son contrôle électronique de trajectoire (R.S Dynamic Management) intervenait pour la remettre sur « rails ». Le R.S Dynamic Management est une sorte d’ESP, développé, à trois modes. On peut le désactiver totalement pour profiter des sensations fortes à travers des dérapages contrôles par les braquages et contre-braquages, ou opter pour le mode intermédiaire qui repousse le seuil d’intervention de l’ESP. Pour notre part, on s’est contenté d’apprécier ce nouvel équipement de sécurité en toute sagesse.
La Mégane III RS est richement équipée. Elle compte, en matière de sécurité, 6 airbags (frontaux, latéraux et rideaux), l’ABS+AFU, le contrôle dynamique de trajectoire et d'antipatinage ESP+CSV+ASR, des disques de frein Brembo à 4 pistons, un compteur spécifique Renault Sport avec tachymètre et compte-tours analogique, des jantes en aluminium de 17 pouces et le "Renault Sport Dynamic Management". En matière de confort, elle propose une climatisation régulée bi-zone, le détecteur de pluie et l’allumage automatique des feux de croisement, une radioSat Classic CD/MP3 avec Bluetooth, le régulateur-limiteur de vitesse, le verrouillage centralisé avec commande à distance et fermeture des portières au démarrage, des vitres et rétroviseurs électriques, un volant gainé cuir avec marquage du point 0, des pédaliers et repose pied en aluminium… On ne saurait vous donner, toute fois, son prix vu qu’elle n’est pas encore commercialisée en Algérie.