Essai
Toyota Prius III 136 chLa voiture des stars dans les rues d’Alger
Auteur : Metahri Mourad
Publié le : 07 Décembre 2011
Moteur Essence : 4 Cylindres - 1.798 cm3 de 98 ch à 5.200 tr/min Moteur Électrique 650 V de 80 ch Puissance Totale 136 ch Couple Essence 142 Nm à 4.000 tr/min Électrique 207 Nm Dimensions ( L x l x h) 4,46 m x 1,75 m x 1,49 m Empattement 2,70 m Volume du coffre 445 litres Poids à vide 1.370 kg 0 à 100 km/h 10,4 s Vitesse maxi 180 km/h Consommation 3,9 l/100 km Taux de CO2 89 g/km Sa présentation au dernier salon de l’Automobile d’Alger, aux cotés de l’Auris HSD, fût un véritable évènement. La voiture des stars d’Hollywood se laissait admirer à Alger. Toyota Algérie nous a laissé cette Prius, troisième du nom, pour un essai complet. Toyota Algérie a osé le faire ! Alors que le débat sur la voiture n’a même pas effleuré notre pays, la marque japonaise a introduit la voiture la plus emblématique de la « conscience écologique ». Noureddine Hassaïm, le Directeur Général de Toyota Algérie, a confirmé dernièrement que la commercialisation de ce véhicule hybride sera effective dans notre pays dès 2012. Elle arrivera, donc, sur nos routes alors que l’essence sans plomb n’est pas encore généralisée et le débat essence-mazout-Sirghaz pas encore tranché. C’est sans doute ainsi que les choses avancent ! Première bonne surprise avec la Prius : Nul besoin de lire un épais manuel avant de démarrer. Ce véhicule n’est pas destiné aux seuls ingénieurs en mécanique ou en électronique. Démarrage sans clé, start, position D de la boite auto et en avant ! La voiture démarre, silencieusement bien sûr, sur son moteur électrique. Nous descendons tranquillement la rue Didouche Mourad vers la Place des Martyrs. La voiture continue à avancer sur sa seule énergie électrique. Pour la technique, il faut sans doute dire que ce moteur développe une puissance de 81 chevaux. Ce circuit dans le cœur de la Capitale nous permet de nous familiariser avec le véhicule et de presser tous les boutons pour lire les indications de l’ordinateur de bord. La circulation, dense du coté du square Port Saïd, nous permet de constater que la voiture a comme une avance (si c’est correct pour un moteur électrique). Elle continue à rouler, faiblement certes, même si l’on ne touche plus à l’accélérateur. Il faut donc, à l’arrêt, garder le pied sur la pédale de frein. Dans ce quartier où les piétons débordent sur la chaussée, il ne faut pas oublier qu’ils n’entendent pas la voiture qui fonctionne en mode électrique. Alors, seule solution, le klaxon est là pour un rappel à l’ordre. Dès que nous abordons la cote de la rue Ali Boumendjel, le moteur essence (d’une cylindrée de 1800 cm3 pour 98 chevaux) se met en route. Nous l’entendons et l’ordinateur le confirme. Un schéma de la voiture indique par des flèches de couleurs différentes le travail des moteurs et la recharge de la batterie. Dans l’embouteillage, le moteur thermique se coupe au premier arrêt. Magie du Stop&Start, on redémarre sur l’électrique. Même sur la très faible pente de l’avenue Pasteur la voiture a besoin de son moteur électrique. Plus longue et plus forte, la pente du Boulevard Mohamed V, sollicite les deux moteurs de la voiture. La conduite est très agréable. Après chaque arrêt, dû à l’embouteillage permanent sur cette artère de la Capitale, le moteur électrique redémarre instantanément la voiture. Dans le sens contraire, la descente de la rue Omar Khayam transforme le moteur électrique en générateur qui recharge les batteries. Sur l’ordinateur de bord le sens des flèches s’inverse, des roues vers le moteur puis vers les accumulateurs. Le schéma permet de vérifier le niveau des accumulateurs. Pour cette voiture à la mode dans le monde entier, un petit tour à Sidi Yahia, le nouveau quartier branché d’Alger, s’impose. Notre star y passe incognito. Nos happy few ne la connaissent pas encore et n’ont d’yeux que pour les grosses berlines. Il suffirait qu’ils comprennent le caractère exclusif de la voiture pour qu’elle devienne un objet recherché. En conduite urbaine, la Prius est tout simplement une voiture dont l’usage au quotidien doit être des plus agréables. La direction précise est bien assistée. Les manœuvres de parking sont aisées. Seul bémol : la visibilité arrière est assez réduite. Pour la séance photo, direction la forêt de Bouchaoui, poumon de la Capitale. La rocade Sud Dar El Beida-Zéralda nous permet de jauger le véhicule sur un tronçon autoroutier. Là, on oublie le monde du silence. Une brusque poussée sur la pédale d’accélérateur s’accompagne d’un vroum pas déplaisant du tout. Les bruits de roulement sont également bien présents L’accélération est franche. La boite à transmission variable est parfaite dans son rôle. Les 1370 kg que pèse la Prius ne résistent aucunement à la poussée des 136 chevaux embarqués. Il faut sans doute faire remarquer que la puissance maximale du véhicule n’est pas la somme des puissances électrique et thermique (98+81=179) mais la somme des puissances maximales fournies simultanément. La méthode de calcul relève d’une science qui semble ésotérique. Pour le couple maxi, c’est encore plus abscons. Heureusement que l’usage de la voiture ne requière pas la compréhension de toutes ces courbes et de toutes ces équations. Du coté de Dely Brahim nous passons juste à coté des éoliennes et des panneaux solaires du Parc des Grands Vents. Clin d’œil ! De plus la sono, performante, remplit l’habitacle du son puissant de Nass El Ghiwane chantant « sifna wella chetoua, notre été s’est transformé en hiver. Prémonitoire ? Oui, je sais, ils ne chantaient pas les changements climatiques à cette époque là des années 70. Les panneaux solaires nous rappellent que le toit de la Prius est photovoltaïque. C’est l’énergie solaire qui fait tourner la climatisation. Les courbes de Bouchaoui nous révèlent que la tenue de route est tout à fait équivalente à celle d’une berline classique équivalente. Et le test des virages de Bouchaoui n’est certainement pas le plus facile à passer. Arrivés à la forêt de Bouchaoui, nous vérifions notre consommation moyenne. Nous sommes loin des 3,9 litres aux cent kilomètres indiqués par le constructeur. Notre score s’est élevé à 5,4. C’est à se demander comment des journalistes essayeurs européens ont, eux, réussi à réaliser 4,4. Ils ont certainement suivi la consigne, RTFM et lu tout le manuel. Il est vrai qu’après une certaine adaptation, nous surveillons mieux notre consommation et ne ratons pas l’occasion de lever le pied pour recharger les batteries et rouler sur l’électrique. |
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