Essai

Essai Audi S3 2.0 TFSI/265 ch

Ne vous fiez pas aux apparences !

Auteur : AZIEZ Brahim
Publié le : 15 Avril 2010
Fiche technique :
Moteur  :
Essence 4 cylindres en ligne, 16 soupapes
Alimentation  :
Injection électronique et calage variable de l’admission
Puissance dynamique max  :
265 ch à 6000 tr/mn
Couple max  :
350 Nm dès 2200 tr/mn
Boîte de vitesses  :
Manuelle à 6 rapports
Transmission  :
Intégrale Quattro (4 roues motrices)
Dimensions (L/l/h)  :
4.21 / 1.77 / 1.40 m
Empattement  :
2,58 m
Poids 1455 kg :
Capacité du réservoir  :
60 litres
Volume du coffre  :
281 litres
Vitesse max 250 km/h :
0 à 100 km/h  :
5.7 secondes
Consommation (urbaine/extra urbaine/mixte)  :
litres / 100 km- l/ 100 km-9,1 l/ 100 km
Equipements de série  :
6 ABG, ABS+AFU, ESP, ACA bi-zone, RLV, LVE, RE, VCPCAD, RCD/MP3 CAV, TO, ODB, JA 17"
Dimensions pneumatiques  :
215/45 R17
Prix  :
nc

On avait à cœur de découvrir cette Audi S3 que les amateurs de sensations fortes décrivent comme un véhicule très particulier. L’occasion nous a été donnée de l’essayer en Espagne, et plus précisément à Almeria où elle était alignée aux côtés d’autres modèles sportifs. En la découvrant, on ne lui trouvait rien de particulièrement attrayant par rapport à ses rivales du jour. Une sorte de Audi A3 somme toute banale.

 

Tout d’abord il faut préciser que chez Audi les appellations « S et RS » caractérisent les modèles sportifs de la marque. Après les fabuleuses RS4 et S8, la marque aux anneaux avait dévoilé sa version survitaminée, la S3. Celle-ci se caractérise par une puissance de 265 ch développée par un moteur TFSI turbocompressé de 2.0 litres, et la transmission intégrale « Quattro ». Apparue en 1999, la précédente Audi S3 était, à cette époque, la première compacte Premium haut de gamme, mais aussi l’une des rares sportives de la catégorie à bénéficier d’une transmission intégrale. Absente de la gamme depuis 2003, date du lancement de la seconde génération d’Audi A3, la S3 a fait son retour sur la troisième génération d’A3, avec de nouveaux arguments. 

La notoriété d’Audi dans le domaine du sport elle la doit, notamment, à ses multiples succès aux 24 heures du Mans et son glorieux passé en rallye. Ses modèles sportifs de série se distinguent par une sobriété totale. Du coup, même si ses bolides se distinguent, relativement, des modèles ordinaires, il faut vraiment voir dans les détails pour les reconnaître. Ne cherchez pas d’aileron protubérant ou de bouclier avant qui rase la chaussée, encore moins des diffuseurs ou autres extracteurs d’air. 

La S3 affiche toutefois des éléments distinctifs propres à la famille « S », comme la calandre à baguettes verticales, le bouclier avant ajouré de nombreuses prises d’air, le becquet de pavillon, la double sortie d’échappement ou les jantes 18 pouces. Notre modèle d’essai qui était chaussé des nouvelles pneumatiques Michelin Pilot sport3 mesure 4,21 m de long pour 1,77 m de large et 1,40 m de haut. Son empattement (2,58 m) se rapproche de celui de certaines sportives du segment inférieur (polyvalentes).

Mais une fois à l’intérieur du véhicule, on est tout de suite plongé dans une autre ambiance, plutôt rétro. Ce qui n’était pas pour nous déplaire.

Son habitacle se singularise, en revanche, par un volant sport à trois branches, plat sur sa partie inférieure où le sigle S3 est bien mis en évidence, et des sièges baquets inédits dont la partie supérieure du dossier est élargie afin d’offrir un meilleur maintien au niveau des épaules. Avec son assise basse et sa pédale d’accélérateur (en chrome) fixée au plancher, la S3 nous donne déjà un aperçu de ce qu’elle nous réserve sur la route.

Pour animer cette nouvelle S3 qui est la sportive de la gamme, Audi a choisi d’implanter sous le capot, le 2.0 TFSI qui équipe l’A3 et la TT, entre autres modèles du groupe Volkswagen sur lesquels il développe, habituellement, 200 ch. Sur la S3, le 2.0 TFSI atteint les 265 ch (soit  40 ch de plus que la précédente génération). Un surplus de puissance acquis grâce à l’important travail qui a été effectué sur l’ensemble de la mécanique. Ainsi, la S3 hérite de nouveaux pistons, de bielles inédites, de cylindres renforcés mais également d’un turbo dont la pression a été augmentée. De la sorte, le régime monte régulièrement à 6 000 tr/min, tandis que le couple de 350 Nm dispose d’une large plage d’utilisation allant de 2 200 à 5 000 tr/min.

Il faut reconnaître qu’il est très difficile de rester sage au volant de la S3 dont les montées en régime sont plutôt franches.
Le plaisir est d’autant plus grand lorsque la sonorité à l’échappement enchante l’ouïe au-delà des 3500 tr/mn. 

Précisons que cette S3 est disponible uniquement avec une boîte mécanique à 6 rapports. Pas de boîte S-Tronic au catalogue.
Les performances sont toutefois du meilleur niveau avec une vitesse bridée électroniquement à 250 km/h, et un 0 à 100 km/h abattu en 5,7 s. Mais si le niveau de consommation est de 9,1 l/100 km, en moyenne, sur la fiche technique, notre ordinateur de bord indiquait plus de 14 l/100 km. Il faut juste préciser que notre conduite se faisait à des régimes oscillant entre 4000 et 6000 tr/mn… 

Sa transmission intégrale lui donne une assurance exceptionnelle, et plus particulièrement dans les enchainements de virages où la précision du train avant et du châssis, en général, n’ont jamais été pris à défaut. On n’avait nul besoin de donner des coups de volants dans les virages, encore moins de lever le pied de l’accélérateur. Bien au contraire…

Mais il faut savoir que la S3 se comporte, avant tout, comme une traction qui distribue dans certaines conditions la puissance et le couple aux roues arrière grâce à son différentiel central autobloquant.
Rien à redire concernant la sécurité. Tout y est avec 6 airbags, l’ensemble des aides électroniques (ABS, EBD, etc.). Pour le confort, on retiendra l’autoradio CD, l’aide au parking arrière, la climatisation automatique, les phares au xénon, l’allumage automatique des essuie-glaces et des phares ainsi que le régulateur de vitesse. C’est complet mais rien d’extraordinaire. 

Bien que les aides électroniques puissent être déconnectées, cela n’est que partiellement puisque au moindre freinage, l’ESP se remet en fonctionnement, ce qui  peut être frustrant pour les uns mais plutôt rassurant pour la majorité des conducteurs.
La direction est précise et très agréable à manier, alors que le freinage est, pour sa part, performant et particulièrement efficace malgré l’absence de dispositif high-tech comme des freins céramiques.
Malgré cette vocation sportive, la S3 arrive tout de même à préserver un bon confort. Le rabaissement de la hauteur de caisse de 2,5 cm ne complique pas la vie des passagers. 

Parfaitement équilibrée, la S3 tient très bien la route, en toutes circonstances. Et il faut croire qu’Audi a frappé fort avec ce modèle de 265 ch, muni d’une transmission intégrale qui permet d’exploiter au mieux les capacités de la voiture.