Interview

L’interview Omar REBRAB, Hyundai Motors Algèrie

“cinq nouveautés cette année”

Auteur : AZIEZ Brahim   
Publié le : 15 Avril 2008
Hyundai Motors Algérie est leader du marché pour la troisième année consécutive, sauf qu’en 2007 il aura fallu attendre le 4e et dernier trimestre pour voir HMA se repositionner en la tête du classement par marque. Comment expliquez-vous ce succès ?
C’est vrai qu’en s’était fixé comme objectif, pour 2007, de faire 35 000 véhicules, et nous avons eu un problème d’approvisionnement sur notre modèle phare qu’est l’Atos. On a pu le régler en cours d’année et rattraper le retard pour réaliser un volume, quand même, supérieur à celui de l’année précédente, 2006. Par contre sur l’Accent qui est notre deuxième modèle phare, nous avons réalisé la moitié de ce qui était prévu, soit 7000 ventes sur 14 000, sachant qu’en 2006 ce véhicule a été écoulé à plus de 12 000 unités. En comptabilisant les 7000 Accent et les Atos de déficit, en terme de ventes, on aurait été largement dans nos prévisions. Il faut dire aussi qu’on a enregistré une légère baisse sur quelques modèles de poids lourds qu’on a pu compenser avec d’autres modèles. Ce qui nous a aidé aussi ce sont deux gros marchés qu’on a décroché en 2007.

Ces problèmes sont-ils définitivement réglés?
En principe, oui. Cette année, et sur la base de nos prévisions et des chiffres de nos concurrents, les coréens nous ont promis de satisfaire pleinement notre demande à partir du mois de Mars. S’ils tiennent leurs engagements et nous approvisionnent normalement, je dirai que nous serons à 42 000 véhicules. Nous avons, ainsi, pris nos devants en introduisant cinq nouveautés cette année. Si je commence par l’Atos, il y aura sa remplaçante qui s’appelle la i10, laquelle sera disponible dans les différentes versions que sont la GL ou base, la GLS, la GLX, la GLX+ et la GLS en boite automatique. Et malgré la promesse d’avoir l’Accent en volume demandé, nous avons préféré introduire la nouvelle Accent pour compenser les éventuels manques d’approvisionnement sur l’ancienne génération qui restera sur les tablettes jusqu’en 2010. Nous avons aussi introduit la Getz que nous avions jusque là ignorée car évoluant sur un segment qui n’était pas assez consistant, mais qui s’est repositionné, avec l’évolution du marché, en troisième position. Nous sommes d’ailleurs surpris par l’accueil qui lui est réservé depuis son lancement, au point où nous nous trouvons en dépassement par rapport au business plan arrêté. Je pense que sur ce segment on fera un excellent volume. Il y a aussi l’Elantra qui arrivera fin Mars début Avril que nous allons relancer vu le poids du marché, de même que le nouvel utilitaire, H1 que nous dévoilerons prochainement.

On aimerait savoir ce que représente chaque segment dans les volumes de Hyundai.
Les véhicules de tourisme représentent, aujourd’hui, 60% de nos volumes. Juste après nous avons le poids lourds et l’utilitaire avec 30%, et il y a les engins de travaux publics qui représentent prés de 10 %.

Vous avez parlé de l’arrivée de la i10 alors que la Atos est devenus une voiture mythique en Algérie. D’abord, cette dernière va-t-elle s’arrêter, et ensuite comment allez vous affronter une concurrence qui propose qui voitures à 400 000 et 500 000 DA avec une i10 qui sera encore plus chère que la Atos ?
Nous avons décidé de continuer de commercialiser la Atos en 2008 aux côtés de la i10. Mais il faut savoir qu’aujourd’hui la communication chez Hyundai c’est de ne plus donner des noms aux véhicules mais des chiffres. La Atos dans sa nouvelle génération s’appelle i10, la nouvelle Elantra 5?portes s’appelle i30, la future Getz sera la i20 et la prochaine génération d’Accent s’appellera probablement i25 ou quelque chose dans le genre. Il faut savoir aussi qu’en terme de prix il y aura une moyenne de 50 000 à 60 000 DA de différence entre la Atos et la i10, mais on sera toujours moins cher par rapport à certains modèles concurrents du segment. Cela dit, il ne faut pas se comparer à certaines petites voitures qui viennent d’Inde et de Chine à des prix très bas et qui n’ont rien à voir avec les nôtres en terme de finition ou de motorisation. Une 800 cc et une 1000 cc ce n’est pas pareil. Vous pouvez comparer la i10 à la Kia Picanto qui a le même gabarit, à la Daihatsu Charade ou, à un degré moindre, à la Chevrolet Spark en motorisation équivalente. Mais vous ne pouvez comparer la i10 à la Maruti ou la Alto. Je dirai même que la i10 n’a rien à voir avec la Atos, que ce soit en terme de design, de volume ou de motorisation. Cela nous laisse penser qu’on réalisera des volumes supérieurs à ceux de la Atos. C’est un modèle qui plait.

Qu’en sera-t-il pour l’Accent avec l’arrivée du nouveau modèle qui sera plus cher, d’autant plus qu’il devra remplacer l’ancienne Accent?
Contrairement à l’Atos que nous avons décidé d’arrêter en fin d’année, pour l’Accent ce sont  les coréens qui voulaient l’arrêter et que nous avons tout fait pour la maintenir.
Et ils nous ont promis de continuer à la produire jusqu’en 2010. Si on a introduit cette année la nouvelle Accent c’est justement en raison du prix, et faire habituer les clients aux deux modèles. Je ne vous cache pas que si les prix n’étaient pas très éloignés, j’aurai certainement décidé d’arrêter l’ancienne. Il est clair que pour le moment nous n’aspirons pas à faire avec la nouvelle Accent les mêmes volumes qu’avec l’ancienne. Mais comme l’Accent s’est imposée sur notre marché les gens la demandent et nous donnons, ainsi, le choix aux clients.

On aimerait savoir ce que représente le crédit sur des véhicules de ce segment et celui au dessus, chez Hyundai du moins ?
Pas grand-chose. Aujourd’hui le crédit est beaucoup plus consistant sur les véhicules utilitaires, sur les camions et les 4x4. Sur les petites voitures et même sur le segment de l’Accent, les gens préfèrent acheter en cash. Je dirai qu’il en est ainsi pour nous parce qu’en terme de rapport qualité-prix on se place très très bien sur ce type de véhicules. Quand il y avait la CNEP c’était effectivement l’inverse. Il faut savoir qu’il y a aussi ces taux d’intérêts qui font que les gens préfèrent payer cash plutôt que de recourir à un crédit. Mais dès qu’on est sur des véhicules qui dépassent le million de dinars la tendance vire vers le crédit.

Qu’en est-il, justement, de la formule de crédit à 0% d’intérêt que vous avez lancé sur le Tucson 4x2 et le trajet ?
Cela a très bien donné. C’est une opération que nous avons lancé en Novembre dernier, mais le contrat s’est, malheureusement, achevé en fin d’année 2007. Nous avons repris timidement avec la Houssing Bank et nous sommes en phase de finalisation avec la banque el Baraka pour le crédit à la consommation.

L’offre sera-t-elle élargie à d’autres modèles??
Non, pour l’instant elle n’est valable que pour le Tucson et le Trajet. Cela dit, nous sommes aussi entrain de négocier avec une autre banque pour les véhicules utilitaires avec 0% d’intérêt aussi.

Le GPL est devenu un argument commercial, et vos concurrents directs ont pris un peu d’avance. Mais on croit savoir que vous avez un projet d’installation de kits GPL. De quoi s’agit-il?
Chacun a sa façon de voir les choses. Pour notre part, nous allons installer les kits GPL nous même, dans nos propres ateliers. Nous allons bientôt réceptionner notre nouveau site d’Hussein Dey au sein duquel nous avons dédié plus de 1000 m2 et 14 ponts élévateurs  pour le montage des kits GPL. Nous avons décidé de réaliser cette opération chez nous plutôt que de recourir à la sous-traitance dans le seul but de réduire les coûts. Il y aura deux types de kits GPL que nous avons choisi parmi les meilleurs, l’un pour l’Accent et l’autre pour l’Elantra. Et en ce sens, nous avons signé un contrat avec notre fournisseur qui n’est autre que Ghazal pour la formation du personnel. Les premiers véhicules équipés de kits GPL maison sortiront de nos ateliers durant le mois de Mars.

Les premières tentatives de conversion sur les anciennes Accent ont connu quelques déboires en raison des  retours de flammes et des collecteurs qui étaient en plastique. Le problème est-il aujourd’hui résolu??
Absolument, car avant de dire que nous allons lancer le GPL nous avons longuement discuté avec notre fournisseur qu’est Ghazal auquel on a fourni toutes les fiches techniques et les données pour choisir les types de kits à placer. Il faut savoir que les kits d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec ceux d’il y a dix ans. Tout cela nous permet d’offrir la garantie sur ces produits, surtout que nous contrôlons l’ensemble des opérations. Mais avant tout cela, le constructeur doit donner son aval quant au process mis en place.

Pourquoi ne pas importer des véhicules équipés de GPL maison ?
Parce que Hyundai est spécialiste de la mono-carburation, c’est-à-dire que les véhicules maison carburent soit à l’essence soit au GPL, mais pas les deux en même temps ou en bi-carburation. Et l’Algérien n’est pas encore prêt pour cela, surtout qu’en Algérie nous n’avons pas suffisamment de stations services qui distribuent le GPL. Si vous deviez sortir d’Alger il vous est difficile de vous alimenter en GPL à chaque fois que vous le souhaitez. Le problème est là, d’autant plus que la capacité du réservoir GPL n’autorise pas de grandes autonomies au point de vous permettre de faire Alger-Sétif sans vous alimenter.

Et vous pensez convertir combien de véhicules sur l’année?
L’objectif est fixé à 5000 véhicules pour 2008, dont 90% d’Accent et 10% d’Elantra. Le gouvernement a lancé un certain nombre de projets visant à promouvoir les carburants propres pour la préservation de l’environnement, et nous nous inscrivons dans cette optique.

Et combien payera le client de Hyundai pour le kit GPL ?
On n’a pas encore finalisé le prix définitif, mais pour l’Accent le supplément devra tourner autour de 28 000 DA, et prés de 68 000 DA sur l’Elantra.

Vous avez parlé de garantie et on aimerait savoir où en est votre mise en conformité par rapport au décret qui vient d’être publié sur le journal officiel?
Pour la partie garantie je ne vous cache pas que les coréens viennent de nous donner leur accord pour les deux ans ou 50 000 km, et nous comptons l’appliquer dès le mois de Mars. Cela dit, et sur certains modèles, on a pu avoir plus que deux ans et un kilométrage illimité.
Pour la partie livraison nous sommes aujourd’hui les premiers à vendre les véhicules à nos distributeurs qui les vendent directement à leurs clients, chose qui réduit déjà les délais de livraison. Aujourd’hui, nos agents qui sont responsabilisés sont directement responsables vis-à-vis de leurs clients. Nous avons, ainsi, réduit de 99% les faux problèmes.

L’Algérie a découvert, dans les années 80, les voitures japonaises qui sont aujourd’hui une référence mondiale. Les coréennes se sont imposées dans les années 90. Comment voyez-vous l’évolution des voitures chinoises aujourd’hui, surtout qu’en 2007, on a eu droit à des modèles d’assez bonne facture ?
Il faut dire que pour l’heure les véhicules chinois sont loin de ce qu’étaient les modèles japonais ou coréens à leurs débuts. Et il faudrait déjà qu’ils soient aux normes internationales. Les véhicules chinois ne sont, pour l’heure, pas commercialisés en Europe. Ceux qui ont tenté de le faire se sont cassés les dents. Les chinois ont fait beaucoup de forcing en Afrique avec comme argument le prix. C’est valable pour l’Algérie où il n’y a pas de réglementation stricte à ce sujet.
Nous n’avons pas de politique qui protège le consommateur. On commencera à parler, véritablement, de véhicules chinois à partir de 2010, mais encore faut-il qu’ils s’alignent en terme de qualité, et pour ce faire ils devront s’aligner sur les prix. Mais aujourd’hui, les produits chinois ne me font pas peur.

Comment voyez-vous le marché national cette année??
Pour le marché, je dirai que son évolution  se poursuivra, et sera contenue entre 20% et 30%.