Interview

Mohamed Baïri, Président de l’association des concessionnaires automobiles algériens (AC2A)

« L’application de la loi est une obligation »

Auteur : AZIEZ Brahim   
Publié le : 23 Mai 2010

Le décret 07/390 a été mis en application il y a un an aujourd’hui, pouvez-vous nous faire un petit bilan sur les retombées de cette loi ?
Il faut avouer que nous avons constaté une amélioration de l’activité en question, à savoir la distribution automobile en Algérie. Il y a une prise de conscience quant à la nécessité de normaliser l’activité, une moralisation de la profession, aussi. Ce décret est venu au bon moment pour assainir le secteur à travers l’octroi d’un agrément. Et pour avoir l’agrément il faut remplir un certain nombre de conditions édictées dans le cahier de charges.

Combien de concessionnaires ont reçu leur agrément, et est-ce tous les membres de l’AC2A l’ont reçu ?
Oui, tous les membres de l’AC2A ont reçu leur agrément. Il y a eu 76 demandes d’agréments, dont près de 43 ont reçu leur quitus. Maintenant, il faut faire la différence entre ceux qui activaient déjà avant la promulgation dudit décret, et ceux qui veulent s’installer. Ceux là, je ne peux pas vous dire leur nombre.

Qu’en est-il de l’application des dispositions contenues dans le décret 07/390, et plus particulièrement celles ayant trait à la protection du consommateur comme les délais de livraison, les conditions de livraison avec tout ce que cela comporte comme autonomie de carburant, trousseau de clé et triangle de signalisation, mais surtout de garantie qui doit être au choix du client ?
Du moment que les concessionnaires, qui ont eu leur agrément, se sont engagés à respecter les dispositions qui sont contenues dans le décret, on ne va pas revenir en arrière pour demander un autre délai ou un aménagement de la loi. Aujourd’hui, le concessionnaire qui ne respecte pas une des dispositions de la loi est en infraction. Le jour où des contrôles des services concernés constateront des manquements à la loi, il y aura des sanctions.
On n’est pas en mesure, au niveau de l’association, de faire ce travail, ce n’est pas notre rôle, mais on a attiré l’attention sur cela.
Il est vrai qu’on a reçu toute une batterie de nouvelles mesures, auxquelles est venu s’ajouter la délocalisation du port d’Alger, et ce n’est pas facile.

Il était question d’une charte de déontologie à laquelle devait s’aligner les concessionnaires membres de l’AC2A, et qui visait essentiellement la protection du consommateur. Or, on se rend compte que de tous les articles contenus dans le décret 07/390, ce sont ceux en rapport avec le consommateur qui ne sont pas appliqués ou le sont partiellement. Avez-vous, d’une manière ou d’une autre, remis les pendules à l’heure ?
Je crois que vous exagérez un peu. Il est vrai qu’il y a des plaintes, de part et d’autres, mais il faut reconnaître qu’il y a un travail qui a été fait au niveau de la qualité des services. Il y a eu beaucoup d’améliorations, depuis, et les gens font tout pour satisfaire leurs clients. Cela ne veut pas dire que tout est parfait. Loin de là, nous reconnaissons qu’il y a encore des défaillances, et nous recevons régulièrement des appels de clients insatisfaits. Nous interpellons, aussitôt, les concessionnaires concernés, car nous avons un règlement intérieur que nous devons respecter.
Il y a eu, effectivement, des problèmes concernant les délais de livraisons où beaucoup de retards ont été enregistrés, même à mon niveau, mais cela a été causé, une première fois, par l’octroi des agréments, moi-même je n’ai reçu le mien qu’en dernier, et aussi le changement de ports de débarquement de véhicules. Il fallait ensuite rattraper les retards.

Peut-on dire, aujourd’hui, que les concessionnaires ont absorbé l’essentiel de ces mesures ?
C’est une obligation. C’est comme cela ou disparaître. Il fallait s’adapter pour mettre tout cela en place, aujourd’hui, il faut avancer.

Il y a un point du décret qui n’a nullement besoin de temps pour l’adaptation, celui des prix. L’article 22 parle de prix de vente établi en toutes taxes comprises. Mais on remarque que bon nombre de concessionnaires continuent à afficher des prix en TTC sans inclure la taxe sur l’acquisition des véhicules neufs, alors que d’autres s’entêtent à donner des prix en licence Moudjahidines malgré la note du ministère des moudjahidines qui l’interdit. Quelle est la position de l’AC2A à ce sujet ?
 C’est une question qui fait débat au niveau de notre association, car cela peut être considéré, quelque part, comme une tromperie. Quand vous dites qu’un véhicule est à partir de tel prix et vous excluez les taxes ou que vous mettez un Astérix pour préciser que telle ou telle taxe n’est pas incluse, c’est du pareil au même. Quand un véhicule dont la photo porte sur un certain niveau de finition est annoncé à partir de tel prix alors qu’en réalité c’est le prix d’une autre finition, c’est de la tromperie aussi. On a, à maintes reprises, attiré l’attention de nos membres sur ce point, mais malheureusement, certains ne jouent pas le jeu. Et à partir de là, c’est le rôle des autorités de remettre de l’ordre ou sévir. Je crois savoir que ces dernières ont prévu de mettre des hommes sur le terrain pour contrôler tout cela.

De nouvelles mesures ont été prises, récemment, au sujet des pièces de rechange. Cela assainit-il le marché pour autant, et risque t-il d’y avoir perturbation dans la distribution de la pièce de rechange ?
 Pas pour ce qui concerne les concessionnaires. C’est beaucoup plus pour les importateurs-distributeurs de pièces de rechange. Maintenant, dire que cela est bon ou non, c’est trop tôt. On démarre par quelque chose à partir de rien.  
Si vous vous rappelez la période de l’instauration de la nouvelle taxe sur l‘acquisition des véhicules neufs, tout le monde s’est affolé, et tout le monde appréhendait l’effondrement des ventes. Résultat des courses : on est là, les choses avancent dans le bon sens, et tout le monde s’y est adapté.
C’est la même chose pour la pièce de rechange où l’anarchie est totale. Il fallait, donc, le réglementer. Que ces mesures soient bonnes ou pas bonnes, elles ont au moins le mérite d’exister. A partir de là on tirera les conclusions, en maintenant le dialogue. L’effet ne peut être immédiat, il faut attendre un an ou plus pour faire un diagnostic.

L’AC2A a pris part, dernièrement, au salon de la sous-traitance, ALGEST, et on aimerait savoir dans quelle démarche vous l’avez fait ?
Le but de participer au salon de la sous-traitance était de sonder et regarder le potentiel qui existe localement en matière de pièces de rechange, et recenser tous ces fabricants, pour transmettre, chacun à son niveau à son constructeur, pour les mettre en contact et voir dans quelles perspectives certaines pièces pourraient être fabriquées localement, aux normes du constructeur, et avec sa garantie. Cela nous évitera d’importer et, pourquoi pas faire de l’exportation, mas encore faut-il que cela réponde à ses normes.
Il faut mettre dans la tête des constructeurs qu’il y a réellement un tissu industriel de la pièce de rechange en Algérie. Qu’on arrête, une fois pour toutes, de dire que s’il n’y a pas de montage de voitures en Algérie c’est en raison de l’absence d’un tissu de sous-traitance. Si les constructeurs ne veulent pas faire de montage en Algérie qu’ils le disent ouvertement sans se cacher derrière la sous-traitance ou autre tissu industriel.
Il faut démarrer par quelque chose qui existe. Voilà l’idée qui était derrière notre participation au salon ALGEST.

Y a-t-il eu quelques échos ?
Il y a eu des échos très favorables. On aurait du élargir notre participation au salon Equip’Auto, et on essayera de se rattraper l’année prochaine. Cela dit, on a recensé un nombre important de fabricants de pièces de rechange à travers le territoire national. Et on n’hésitera pas un instant à transmettre aux différents constructeurs les données qu’on a.

Comment voyez-vous l’évolution du marché, cette année, avec toutes les contraintes qui ne cessent d’éclore ?
On ne peut pas parler de contraintes, mais de mesures à même de réglementer le marché. Le volume des importations a atteint les 350 000 unités avec les booms qu’on a connu en 2008 et même 2009, engendrés par la nécessité de renouvellement du parc et les nombreux chantiers engagés par notre pays.
Aujourd’hui, il y a moins de consommation, donc d’importations, et je pense que le marché revient à sa juste valeur.

La lecture des chiffres et de l’évolution du marché automobile en Algérie est faussée par le fait que les distributeurs de marques chinoises, hormis un, ne communiquent pas leurs résultats commerciaux.
En ce moment, les chiffres qu’on a au niveau du bureau de l’association ce sont les chiffres des importations. Maintenant, le volume des ventes ou ce qui est réellement livré, aussi bien par les distributeurs de marques chinoises ou des membres de l’AC2A, car certains ne communiquent plus leurs chiffres depuis quelques mois, c’est différent. On leur a posé la question, tout en précisant que ces chiffres ne serviront pas pour des opérations de contrôle, ni pour une quelconque compétition pour le podium, mais plutôt pour avoir des statistiques sur notre parc réel, sa segmentation, le type de carburation, comme cela se fait dans tous les pays.
Malheureusement, on n’a eu aucune réponse.

Comptez-vous prendre des mesures contre les distributeurs récalcitrants, ou du moins ceux qui sont membres de l’AC2A ?
C’est clair, c’est prévu par notre règlement intérieur, et cela a même été prévu pour l’ordre du jour de la prochaine réunion du bureau de l’AC2A.

 


 

Commentaires 

 
#17 LOUAHCHI MOHAMED 26-08-2014 19:09
je suis handicape j ai une licensse d'achat dune voiture pour handicape mais aucun concessionnaire ne veut me vendre une voiture sacher mr que ce problem me rend encore plus handicape que je le suis mes salutation a vous mr et bon courages dans latente dune suite
 
 
#16 mourad05 05-10-2012 09:37
plus de 7 mois pour la livraison de 207 incroiyable mais vrais chez mahdi aoto batna
 
 
#15 m. NASRI 02-07-2012 09:58
Salam alikoum, la majorité des concessionnaire s ne veulent pas travailler avec les personnes handicapées(qui ont des licences) qu'est qu'on peut faire ? Président de l'association des concessionnaire s. NASRI
 
 
#14 HADJ SADOK Fayçal 29-04-2012 15:04
le SAV de SOVAC, inssite que la panne qui s'est produite dans mon véhicule est lié à la pompe d'injection, et cette dernière ne rentre pas dans la garantie alors que le véhicule est acquis neuf il ya 6 mois lavaleur de la réparation est de 450.000 DA, j'ai l'impression d'être arnaqué
 
 
#13 Lassoued Said 10-04-2012 20:55
Bonjour,
Je viens de passer commande d'un véhicule de modèle KIA exactement la nouvelle RIO,mais délai de livraison qu'on m'a annoncé est vraiment décourageant,si x mois.N'y a-t-il pas un moyen pour réduire ce temps.
MERCI