Interview
Entretien avec Sefiane Hesnaoui (DG de Nissan Algérie)Nissan a une legitimité
Auteur : AZIEZ Brahim
Publié le : 15 Octobre 2007
Nissan est entrain d'enregistrer une progression intéressante en cette fin d'année avec plus de 5850 unités livrées à fin Septembre contre prés de 4850 unités pour l'ensemble de l'année 2006, année durant laquelle vous enregistriez déjà une progression de 17% par rapport à l'année précédente. Comment expliquez vous cette progression au moment où l'ensemble du marché national tourne autour de 40 % de croissance ?
Si on regarde les chiffres de plus prés, on relève que Nissan Algérie enregistre, à la fin Septembre, une évolution de prés de 96%. C'est l'une des plus fortes croissances parmi les marques majeures. Le démarrage a été un peu plus délicat en début d'année alors que le marché était en pleine croissance, mais on peu dire que depuis six mois notre progression ne cesse de doubler à telle enseigne qu'on a dû revoir nos prévisions à la hausse pour passer de 6200 à 7500 véhicules que nous devons réaliser d'ici la fin de l'année. Ceci est d'autant plus satisfaisant qu'on n'a pas eu de livraisons flottes contrairement à certains de nos concurrents. Cette progression s'explique par la conjugaison d'un certain nombre de facteurs. Nous avons entamé un travail qualitatif, la réhabilitation de notre réseau de distribution, la réhabilitation de notre organisation, une refonte profonde de notre management ainsi que l'amélioration de notre offre produit. Cette dernière s'est caractérisée par une agressivité sur l'offre des véhicules utilitaires avec notre Pick Up, et une agressivité sur le véhicule particulier avec la Tiida qui enregistre de bons résultats et la Sunny qui sera enrichie très prochainement. Et c'est le travail sur ces trois points qui donne ces résultats et nous pousse à revoir nos objectifs à la hausse. Je vous dirai que nous sommes aujourd'hui à 4% du marché de véhicules neufs, qu'on a gagné 1 point par rapport à l'année dernière, ce qui n'est pas si négligeable que cela puisse paraître, et qu'on reste serein pour aborder les 10 000 unités que nous nous sommes fixés pour l'année prochaine. Il y a une amélioration réelle du pouvoir d'achat et les salaires des cadres moyens au niveau des entreprises privées sont appréciables. Le véhicule devient une des premières priorités des ménages, d'autant plus qu'en l'absence de moyens de transport inter-régionaux avec les flux de déplacements des gens qui voyagent plus, la voiture devient l'alternative N°1. Vous restez sur un mix de 35% de véhicules de tourisme pour 65% d'utilitaires, un taux dont le mérite revient essentiellement à votre Pick Up dont les volumes ne cessent de croître. Cette tendance risque-t-elle de s'inverser un jour ? D'abord il faut être réaliste. Nissan a une légitimité en Algérie dans le segment des Pick Up qui reste une référence que ce soit sur l'aspect qualitatif ou tarifaire. Il faut aussi souligner les très bonnes performances de l'Urvan dans un segment qui représente 10% du MTM. Et si on regarde les besoins du marché, à court terme, les utilitaires se développeront encore plus vite que les véhicules particuliers. On va aborder le segment des utilitaires de manière plus professionnelle avec une offre encore plus adaptée et plus large dans la mesure où il sera question de contrats d'assurance, d'assistance, de leasing… Pour ce qui est des véhicules particuliers, il est vrai que nous n'avons pas beaucoup de produits à moins de 1 million de dinars à part la Micra. On a lancé la Sunny dans un segment qui constitue le cœur du marché des véhicules neufs, et on compte la renchérir très bientôt avec une offre qui tournera autour des 800 000 DA. Aujourd'hui, Nissan agit sur une très forte croissance sans disposer d'une gamme très large qui comprendrait les monospaces, les compactes… Les motorisations diesel nous font défaut aussi. Mais ce qu'il faut savoir c'est que notre stratégie en Algérie est différente de celle de l'Europe ou du Moyen Orient, les modes de consommation n'étant pas les mêmes. Nissan reste leader du segment des 4x4 en terme de gamme, mais a perdu beaucoup de terrain pour ce qui est des volumes par segment à l'image de l'Xtrail ou encore du Patrol. Comment comptez vous y remédier pour reprendre pour véritable place ? Il est clair que nous allons réagir, mais je ne vais tout de même pas vous dévoiler notre stratégie. Disons tout simplement que nous allons avoir une gamme encore plus riche avec un repositionnement de nos produits. Il est vrai qu'il y a, aujourd'hui, sur le marché des SUV et autres 4x4 coréens aux tarifs concurrentiels, mais nous réagirons graduellement pour nous repositionner. Cela dit, nous comptons ouvrir très bientôt un magasin central de pièce de rechange d'une superficie de 2000 m2, on entend lancer prochainement la mise à niveau de 11 de nos agents pour les mettre aux standards internationaux de Nissan, de même qu'on devra élargir notre réseau à trois nouveaux agents d'ici la fin de l'année. Le marché des véhicules neufs est en progression de plus de 40% par rapport à l'année dernière qui a été marquée par une quasi-stagnation des ventes comparativement à 2005. Qu'est ce qui explique, selon vous, cette remontée exceptionnelle, et jusqu'où pensez vous que cela ira ? Je ne saurai vous dire jusqu'où ça ira. Je peux juste vous dire que le marché peut facilement atteindre les 250 000 à 300 000 véhicules/an sans atteindre la saturation, et cela mes confrères des autres marques pourront le confirmer. Un certains nombre de facteurs concourent dans ce sens. D'abord le fait que nous ne soyons pas seulement dans un marché d'équipement, mais aussi, et surtout, dans un marché de renouvellement, sachant qu'il s'agit d'un parc de plus de 3 millions de véhicules dont la moyenne d'âge dépasse les 14 ans. Il y a une amélioration du pouvoir d'achat avec une certaine redistribution des gains qui fait que la voiture passe aujourd'hui pour une des priorités d'achat d'un ménage, ceci d'autant que nous avons un taux de véhicule par ménage qui reste très faible. Tout le monde se réjouit du retour de la CNEP-banque, et cela nous pousse à nous interroger sur ce que le crédit automobile représente chez Nissan et l'impact qu'il aura sur le marché et la tendance des achats sachant que pour le moment on se trouve dans un marché de prix ? Pour être honnête, pas grand-chose, je dois vous l'avouer. Je n'arrive pas à m'expliquer pourquoi le crédit automobile ne marchait pas vraiment avec Cetelem qui offrait le plus grand nombre de crédits automobiles jusque là. Avec Cetelem c'est le client qui se débrouille pour aller chercher son crédit, car cette dernière nous exige de former nous même notre personnel pour s'occuper de tout. Mais depuis le retour de la CNEP-banque nous remarquons une dynamique nouvelle et un grand nombre de dossiers arrive chez nous. Il est vrai qu'avec la CNEP-banque les clients viennent avec leur lettre de crédit. Mais si on vend aujourd'hui plus de 200 véhicules par mois en cash, je suppose qu'avec la CNEP-banque les ventes ne pourront être que boostées. Pensez-vous que les habitudes de consommation vont changer avec les formules de crédit sachant que nous nous trouvons dans un marché de prix ? Je en le remarque pas chez Nissan, car nous n'avons pas de produits d'entrée de gamme, quoi que nous observons de plus en plus demande pour les Tiida mieux équipées. Mais quand on analyse le marché on se rend compte que cela se traduit déjà par une montée en gamme dans les achats de véhicules avec une tendance accrue vers les véhicules de plus en plus équipés en terme d'équipement de sécurité. Des véhicules dotés, par exemple, d'airbag, d'ABS… Le contrôle technique automobile risque de devenir obligatoire pour les véhicules neufs à partir de Janvier prochain, et on aimerait connaître votre position par rapport à cette décision, ou du moins, la partagez vous ? Bon, on est au mois d'Octobre et tout peut arriver d'ici Janvier. Cela dit, j'ai bien envie d'être catégorique, mais je vais tout simplement dire que si les pouvoirs publics ont décidé d'instaurer le contrôle technique pour les véhicules neufs, il faut s'y soumettre. Mais je reste convaincu que ce n'est pas parce que l'on a constaté quelques défaillances sur quelques véhicules neufs qu'on devra généraliser le contrôle technique à l'ensemble des véhicules neufs. Il est normal qu'avec le nombre de morts sur nos routes le contrôle technique fasse la une de tous les journaux aujourd'hui. Mais ce n'est pas en faisant ce genre d'annonces de masse qu'on va régler ce problème, parce que la question que je me pose aujourd'hui est de savoir si on pourra contrôler 200 000 véhicules neufs chaque année sans oublier les 3 million de véhicules qui constituent le parc national. Nous comptons 140 à 150 stations de contrôle technique à travers le pays, et si vous faites votre calcul vous verrez qu'il est déjà difficile de faire contrôler régulièrement le parc qui existe. Cette opération va durer quelques mois avant que l'on se rende compte qu'elle est irréalisable pour faire ensuite machine arrière. Je trouve que c'est une aberration. Ne pensez vous pas qu'il faille, peut être, instaurer de véritables normes de sécurité avant d'homologuer l'ensemble des véhicules neufs introduits sur le marché national ? Ce n'est même pas une question de normes puisque celles-ci existent déjà. Je pense qu'il faut d'abord mettre en application ce qui existe avant de penser à autre chose. |
Essai
-
Toyota Prius III 136 chLa voiture des stars dans les rues d’Alger
-
Essai Skoda Yéti 1.8 TSI/160 chL’abominable « bête » des montagnes
-
Essai de l’Opel Insigna Sport Tourer 4x4 2.8 OPC/325 chUn break de «chasse»
-
Essai Mini Contryman CooperS 1.6 THP/184 chUne Mini qui prend de la hauteur
-
Essai Peugeot Partner Tepee 1.6/HDI FAP 110 ch Premium+Pour le confort des familles
Actualités
-
Marché des véhicules neufs en AlgérieUn mois d'Avril fou!
-
5e édition d'Ouest VU/VI et 6e Autosav au palais des conventions d'OranOuverture aujourd'hui dans une nouvelle ambiance
-
Kia AlgérieCampagne de fidélisation
-
Nouveauté ToyotaLe RAV4 Vanguard arrive
-
Salon des deux rouesMMDI remet un scooter au vainqueur du Quizz radio el Bahdja
Interview
-
Entretien avec Arachiche Benyoucef (pdg de Ghazal)« Les avantages du GPL sont multiples »
-
Entretien avec Tahar Messaoud-Nacer« Renforcer le contrôle dans les villes »
-
Entretien avec Dirk Joerke, directeur général de SOVAC (Audi, VW, Seat et Skoda)« LAlgérie est devenue un marché de référence »
-
Mohamed Baïri, Président de l’association des concessionnaires automobiles algériens (AC2A)« L’application de la loi est une obligation »
-
Omar Rebrab (vice président de Hyundai Algérie)« Le mal de ce pays est l'absence de communication »










