Interview

Mohamed BAIRI GROUPE?IVAL

Nos objectifs ont été largement atteints

Auteur : AMMOUR Ahmed   
Publié le : 15 Février 2009
 M. Baïri quelles sont vos premières satisfactions en tant que président-directeur général du groupe IVAL ?
- Concernant le bilan des activités des trois marques du groupe, à savoir Fiat, Iveco et Mazda, nos objectifs ont été largement atteints que ce soit ne matière de ventes, de restructuration, de formation, de service après-vente et bien sûr de disponibilité de la pièce de rechange pour les trois marques. On vient également d’installer Iveco dans son nouveau siège, dans la zone industrielle de Oued S’mar, un site qui offre toutes les commodités, bâti sur surface globale de quelques 7 000 m2. Ce nouveau site renferme un grand atelier mécanique, un magasin de pièces de rechange, le bloc administratif ainsi qu’un showroom.

 Ne pensez-vous pas que Fiat souffrait un peu d’un déficit d’image malgré la richesse de sa gamme ?
- Je ne vous cache pas qu’on a subi de plein fouet ce déficit d’image. Il fallait le rattraper. Comment ? Durant l’année 2008, on s’est penché sur la redynamisation de Fiat avec, notamment, le réseau et le service. Aujourd’hui, on est apte à satisfaire toutes les demandes du client et rester à l’écoute. Pour 2009, notre objectif est encore de renforcer nos liens avec nos clients avec plus de présence sur le terrain, et offrir tous les services à travers, au moins, une dizaine ou une quinzaine d’agents supplémentaires.

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Quel est le taux de satisfaction client aujourd’hui chez Fiat ?
- Si on parle de la disponibilité de la pièce de rechange et du service, notre taux de satisfaction pour Fiat est de 95%, un taux en progression au fil des mois.

 Honnêtement, avez-vous déjà eu affaire à des pannes que vous n’avez pas su réparer dans l’immédiat sans l’intervention de la maison ?
- On n’a jamais eu ce genre de problèmes. On a de bons mécaniciens qui ont suivi de très bonnes formations à Turin, en Italie. On a également un outillage adéquat, même à travers notre réseau.

 La Fiat 500, véritable succès européen, a été présentée en mars 2008 lors du salon de l’automobile, mais on n’en voit plus dans vos showrooms, qu’est-ce qui se passe ?

- Certes, on a fait un lancement lors du dernier salon international de l’automobile d’Alger avec un stock bien limité qu’on a vendu en un jour. Je ne vous cache qu’au début, j’étais hésitant vu son prix, finalement les gens en redemandent ! Elle a eu un accueil favorable. Comme tout le monde le sait, la Fiat 500 connaît un très grand succès. Même en ces temps de crise, il faut compter au minimum six mois pour avoir le stock qu’on souhaite. C’est pareil pour tout le monde. Ceci dit, la Fiat 500 est toujours dans notre catalogue.

 Et le nouveau Fiorino ?

- Le nouveau Fiorino qu’on a présenté en mars dernier, en même temps que la Fiat 500, sera disponible sur le marché vers la fin de ce mois de février, au plus tard mars.

 On enchaine sur Mazda, si vous le voulez, une marque qui souffre également d’un déficit d’image…
- Non, Mazda ne souffre pas de déficit d’image. On propose le pickup dans toutes ses déclinaisons, et il se vend bien. On a un bon service et la pièce de rechange est également disponible.

- Qu’en est-il de la Mazda 6 que vous avez introduit récemment ?

- Pour la Mazda 6, je dirai qu’on est un peu victime de notre politique. Je m’explique : on pensait qu’avec sa seule motorisation essence et son prix, elle n’allait pas se vendre. Mais les clients l’ont vite adoptée et les modèles qu’on a introduits se sont vite vendus. Maintenant, on vient de recevoir un autre stock.

 Avez-vous tenté d’introduire la Mazda 6 en diesel ?

- Malheureusement, non. Les Japonais sont très rigoureux et ne veulent pas prendre de risque!

 L’enrichissement de la gamme avec Mazda 2 et la nouvelle Mazda 3, vous y pensez ?
- On est en pourparlers avec les Japonais pour essayer d’introduire la Mazda 2 et la Mazda 3. On a remis récemment la fiche sur la qualité du carburant. Alors, on attend.

 Vos perspectives pour le groupe IVAL ?
- Rester sur la lancée, développer le réseau, satisfaction de la clientèle et amélioration du service et disponibilité de la pièce de rechange pour toutes les marques. Bien sûr, sans oublier la formation qui doit être régulièrement mise à jour.

 Passons à Mohamed Baïri, président de l’AC2A, l’association des concessionnaires. Quel bilan faites-vous après trois années d’activité ?
- Honnêtement, le bilan de l’AC2A parle de lui-même. D’abord, on a apporté beaucoup de changements à l’activité, même si cela a été long au départ. Aujourd’hui, les plus gros concessionnaires et distributeurs sont membres de cette association. Ce n’est pas par hasard qu’ils nous ont rejoints. Ils ont vu qu’on active pour défendre les intérêts de la profession et que plein de choses ont été faites depuis la création de l’association.

 Quel est le poids de l’AC2A vis-à-vis des autorités ?

- On est reconnus par tout le monde, y compris les autorités du pays. On est associés dans pas mal de projets et partenaires de beaucoup de monde, surtout que, maintenant, on nous demande notre point de vue sur tel ou tel sujet à débattre. La preuve, on a été reçus au parlement !
 Vous avez été reçus après que les autorités eurent introduit de nouvelles mesures dans la loi de finances, avec notamment l’instauration de nouvelles taxes sur le véhicule neuf.Quelles sont les premières conséquences de l’application de ces nouvelles taxes ?
- Les premiers éléments de constat sont évidents. Le marché a connu une chute dans les ventes d’une manière significative. Si lors du premier semestre, le marché a progressé de plus de 40%, le second trimestre n’a connu qu’une progression qui varie entre 2 et 3% par rapport à 2007.
Quant aux actions qu’on mène actuellement, on peut citer nos discussions avec plusieurs parties des pouvoirs publics, notamment la commission des finances de l’Assemblée nationale populaire. Nous gardons espoir de voir un changement dans le fond et dans la forme du texte de loi qui a instauré ces taxes qui, je le rappelle, pénalisent les classes les plus défavorisées de la population.

 Au-delà des volumes, quel est, selon vous, l’impact le plus négatif qu’a eu la promulgation de cette taxe ?
- Le premier impact négatif qu’a eu la mise en place de ces taxes reste la diminution nette des volumes de ventes du marché global.
Ainsi, chaque concessionnaire, et là je parle de ceux qui sont affiliés à l’association, se trouve confronté à une nouvelle situation qui n’était pas du tout prévue.
Le marché a connu une croissance régulière depuis fin 2005 et cette évolution positive a poussé les professionnels de la distribution automobile à entrevoir des plans d’investissement, de recrutement de formation pour améliorer la qualité des prestations de vente et d’après-vente.
Pendant ce temps, cette évolution qualitative voulue par les concessionnaires a été confortée par l’arrivée du cahier des charges élaboré par les pouvoirs publics en concertation avec l’AC2A et qui définissait les nouvelles conditions d’exercice de notre métier.
Je précise au passage qu’au sein de l’AC2A, nombreux sont ceux qui ont applaudi l’arrivée de ce cahier des charges qui permettrait, à terme, de moraliser le noble métier que nous exerçons.
Aujourd’hui, malheureusement, l’instauration de ces nouvelles taxes vient remettre en cause de nombreux projets d’investissement et de développement, et ce en raison de la logique économique qui veut que l’investissement consenti soit au niveau du volume d’affaires.

 Prévu initialement le 3 mars le 13e salon international de l’automobile d’Alger est repoussé au 30 septembre. Peut-on connaître les véritables raisons de ce report ?
- D’abord, je précise que ce n’est pas une décision de certains concessionnaires, mais de l’association. Celle-ci, même si elle a un président et un bureau, compte aussi des membres qui ont leur mot à dire. Ceci dit, on ne prend aucune décision sans consulter tous les membres.
Comme vous le savez, la date de l’élection présidentielle n’a été fixée que dernièrement. Et comme à chaque élection, la circulation des poids lourds est interdite dans la capitale pendant trois semaines, ce qui se répercute inévitablement sur la préparation des stands.
Pour début mars, il est impossible de tenir le salon d’Alger vu que Genève tient le sien durant cette période, sachant pertinemment que de nombreux concessionnaires ramènent leurs stands droit de Genève.
Le programmer pour le mois de Mai est également impossible, selon le programme de la Safex carl y a, aussi, la foire internationale qui se tient en juin.
La Safex devrait libérer les pavillons aux nations au moins trois semaines avant la date de la FIA.
En été, c’est pratiquement les vacances, et ce n’est pas commode, en Septembre, période de la rentrée sociale et du Ramadhan. Alors, on a opté pour début Octobre, une date qui satisfait tout le monde.

 Il y a aussi ceux qui expliquent ce report par le fait de vouloir booster le marché vers la fin de l’année vu que durant cette même période, le marché fléchit…
- Effectivement, booster le marché durant cette période de l’année est un autre argument. On a remarqué que durant les trois derniers mois de l’année, il y a une sensible baisse de l’activité.
Donc, avec les promotions qui seront accordées pendant le salon en Octobre, on espère que le marché connaîtra une hausse dans les ventes.

- Le salon sera-t-il maintenu à cette période pour les années à venir ?
- Honnêtement, on ne le sait pas encore. On va voir ce que cela va apporter comme retombées pour cette première année. Est-ce que cela va réellement booster le marché ? Est-ce que cela  sera une réussite ? Trop tôt pour tirer des conclusions.

 Qu’en est-il du salon de l’utilitaire qui se tient depuis deux ans au mois d’octobre ?
- Tout dépend du calendrier de la Safex. On va voir si on peut le décaler à Novembre ou le tenir en parallèle avec celui de l’automobile. Tout se décidera lors des prochaines réunions du bureau de l’association.

 Dans son dernier communiqué, l’AC2A a instruit l’ensemble de ses membres de boycotter les salons régionaux, à commencer par celui de Béjaïa. Pourquoi cette mesure ?
- L’association n’est pas contre l’organisation des salons régionaux. L’AC2A existe. Les concessionnaires se sont organisés en association, alors ce n’est pas aux organisateurs de salons de régions de décider à notre place.  Vous êtes organisateur de salon, vous nous sollicitez pour la tenue d’un tel événement. Nous avons un planning qu’on doit respecter. On ne doit pas subir le vôtre ! On n’est pas contre, mais on veut que les choses soient faites dans les normes. On ne veut pas de foires. Il faut voir dans quelles conditions ces salons régionaux se déroulent ! Ce qu’on a décidé, avec tous les membres de l’association, c’est d’opter pour deux salons régionaux dans de bonnes conditions.

 Dans son communiqué, l’association évoque des sanctions contre les membres qui prendront part à ces salons organisés par d’autres organisateurs autres que la SAFEX. En quoi consistent ces sanctions ?
- C’est au bureau de l’association de se réunir et de décider des mesures à prendre. Les membres qui ne respecteront pas les directives de l’AC2A seront certainement exclus. Ce sera notre prochain ordre du jour lors de la prochaine réunion du bureau. Si on adhère à une association, on doit respecter l’éthique !