Interview

Entretien avec Djamel Bessa (pdg de la CNEP-banque)

Notre offre est la plus compétitive du marché

Auteur : AZIEZ Brahim   
Publié le : 15 Août 2007
La CNEP-banque revient sur le marché du crédit automobile avec les mêmes ambitions qui ont conditionné son entrée sur ce créneau en 2001. Qu'est ce qui vous laisse aussi optimiste après prés de deux ans et demi d'absence ?
Vous savez que la CNEP-banque a octroyé 70 500 crédits automobiles entre 2001 et 2005, et malgré ses deux ans et demi d'absence, la CNEP reste le leader du crédit automobile avec 55% de parts du marché. Nous comptons conforter cette position à travers une offre très intéressante.
L'offre que nous proposons aujourd'hui à notre clientèle est compétitive sur trois niveaux : les taux débitaires que nous appliquons sont les meilleurs du marché, la durée du crédit que nous accordons est supérieure à la moyenne du marché, et la limite d'âge la plus repoussée. Nous pensons, honnêtement, avoir une offre largement concurrentielle.

La plus part de vos concurrents ont toujours refusé de se comparer à la CNEP-banque, considérant que votre organisme, à travers ses offres, faisait plus dans le social que dans le business proprement dit. Qu'en pensez vous ?
Ce que pense la concurrence ne m'intéresse nullement. Tout ce qui m'intéresse c'est d'offrir à ma clientèle un produit qui soit adapté à ses besoins. J'offre un produit que ma clientèle est en mesure d'acheter, tout en étant en mesure de rembourser le crédit, cela s'entend. Faire du social ? Je n'ai pas à en rougir. Je vis dans une société, et je suis au service de cette société que je considère comme étant ma clientèle.

Qu'un client soit titulaire d'un travail à plein temps ou d'un contrat à durée déterminée, qu'il soit marié avec des enfants ou célibataire, qu'il habite chez lui ou qu'il soit hébergé par ses parents n'est, donc, pas un facteur déterminant dans l'octroi ou le refus d'un crédit ?
Cela ne veut pas dire que nous prenons des risques inconsidérés. Dans l'évaluation du crédit nous tenons compte de ces paramètres sans en faire des facteurs d'exclusion. Nous ne sommes pas du genre à dire que si vous n'avez pas un salaire d'au moins 40 000 Da ne venez pas chez nous. Nous disons plutôt venez chez nous et vous aurez un crédit adapté à vos revenus.
 
Que représentait le contentieux sur les 70 500 crédits automobiles octroyés entre 2001 et 2005, et comment comptez vous aborder ce volet aujourd'hui ?
Le contentieux n'a pas dépassé les 4% sur l'ensemble des crédits automobiles accordés par la CNEP-banque. Cela reste dans la moyenne internationale. Nous continuerons, donc,  procéder de la même manière, ou presque, en ayant à l'esprit que l'objectif premier de la CNEP-banque n'est pas de mettre ses clients en faillite, mais de les accompagner dans les moments difficiles. Perdre son emploi peut arriver à n'importe qui et à n'importe quel moment.

Dans le tableau où vous définissez les quotités de financement, vous semblez cibler davantage les catégories de véhicules dont les prix se situent entre 500 000 DA et 2 millions DA. A quoi obéit cette stratégie ?
Comme je l'ai déjà dit, nous avons tiré les enseignements de l'expérience vécue. Une expérience formidable, riche en enseignements, mais aussi très rentable pour la banque, il ne faut pas le cacher. Mais nous avons constaté que le prix à la revente d'un certain nombre de véhicules qui se situaient dans les deux extrêmes  posait problème. Aussi, nous avons adapté notre politique de prise de risques à ces critères là.

Ne pensez vous pas que quelque part vous avez pour rôle d'orienter les acquisitions de véhicules neufs, achetés par crédit du moins, sur les catégories offrant le plus de sécurité pour les passagers et le moins de nuisance à l'environnement ?
Ce n'est pas mon travail. Mon travail n'est pas de favoriser telle ou telle marque, ou tel concessionnaire par rapport à un autre. Il revient au client de faire le bon choix. Mon rôle est de mettre à sa disposition un crédit qu'il est en mesure de rembourser, le choix du véhicule ou de la marque lui revient.

Imposez-vous des critères particuliers aux concessionnaires avec lesquels vous signez des conventions ?
Nous sommes ouverts à toutes les propositions et nous sommes prêts à signer avec tous les concessionnaires. Mais pas les revendeurs. La précision est de taille.

Pour revenir à l'arrêt de la CNEP-banque de financer les crédits automobiles que personne n'a vraiment compris, ni vu venir. En fait, l'arrivée de Cetelem quelque temps après n'a pas manquer d'alimenter certains commentaires qui laissaient croire que des instructions seraient venues d'en haut avec pour objectif de permettre à de nouveaux organismes étrangers de se faire une place sur le marché.
 Il n'y a rien de vrai dans tout cela, et le confirme. D'abord, j'ai, alors, parlé de suspension du crédit automobile et non pas d'arrêt. Ensuite, la CNEP-banque a suspendue le crédit automobile par stratégie commerciale. Il faut rappeler qu'à l'origine, la vocation principale de la CNEP-banque était le crédit hypothécaire ou immobilier, et le lancement du crédit automobile en 2001 avait vite fait de prendre de prendre le dessus, et la CNEP ne pouvait gérer en même temps deux activités aussi importantes à la fois. Elle n'y était pas préparée. Aussi, nous avons pris la décision de suspendre cette activité pour mieux préparer notre personnel, entre autres. Nous voulons que le client se repositionne au centre de nos intérêts. Et il fallait, pour cela, passer par une totale refonte de nos agences d'exploitation qui doivent devenir de véritables agences commerciales. Cela a nécessité l'émergence de nouveaux métiers et l'aménagement de nouveaux espaces. Nous voulons assurer un même service à notre clientèle, où que ce soit en Algérie, à travers nos 206 agences.

Quels sont les objectifs que vous vous êtes fixés ?
Nous comptons accorder 10 000 crédits d'ici la fin de l'année, mais vous voulons surtout préserver les parts de marché que nous avions auparavant.