Interview

Entretien avec Ahmed Miliani-Thiba (GMC)

Pas de concession sur la securite et la fiabilite

Auteur : AZIEZ Brahim   
Publié le : 15 Décembre 2007
GMC introduit, aujourd'hui, une nouvelle marque chinoise, HAIMA sur le marché algérien après avoir lancé le Zotye il y a moins d'une année. On aimerait en savoir un peu plus sur votre stratégie surtout qu'il s'agit de deux marques chinoises, pour deux modèles sur deux segments différents.
D'abord, GMC est une jeune société qui a été crée en Juin 2006 pour voir son démarrage devenir effectif en début d'année 2007 avec le lancement de Zotye et son modèle le Nomad. C'est un véhicule qui a bien donné sur le marché algérien, et c'est aussi un modèle qui se situe sur un segment où on ne compte pas beaucoup d'acteurs aujourd'hui. Le Nomad donne bien pour d'autres raisons, entre autres parce qu'il est proposé à un prix attractif, il est fiable et doté par-dessus tout d'une motorisation Mitsuibishi. C'est un produit que nous avons bien développé, mais une société ne peut pas rester sur un seul modèle, surtout que c'est le seul que compte la marque Zotye pour le moment. Nous avons donc prospecté pour aboutir à ce partenariat avec HAIMA.

Justement, qui est HAIMA?
C'est un constructeur qui se trouve dans l'île Hainan. C'était le partenaire de Mazda en Chine pendant de longues années avant de lancer sa propre ligne de produits suite à l'arrivée à terme du contrat qui liait les deux sociétés. Et après avoir bénéficié du savoir faire japonais en la matière qui s'est étalé durant de longues années, HAIMA a décidé de voler de ses propres ailes et a développé ses propres véhicules.

Qu'il s'agisse de Zotye ou de HAIMA, GMC semble ramer à contre courant en proposant des produits chinois à des positionnements tarifaires où l'on retrouve  des produits européens, au moment où la tendance va vers les produits chinois pour leurs coûts extrêmement bas. Comment expliquez-vous cela?
Il est vrai que prés de 80% des ventes de véhicules neufs en Algérie visent les catégories à moins de 800 000 DA. Notre stratégie était de cibler des véhicules dont les prix se situent entre 700 000 DA et 1 000 000 DA car on s'est rendu compte qu'à moins de 600 000 Da on aurait proposé des produits à risque, et on ne voulait pas s'aventurer sur des véhicules qui ne répondent à aucune norme, quand bien même on aurait pu les proposer à 500 000 DA, voir 400 000 DA. Ce n'est pas du tout ce qu'on voulait faire. Notre stratégie a toujours été de choisir un partenaire qui soit sérieux et dont les produits sont fiables.
Aujourd'hui, les chinois se développent rapidement dans ce domaine et il reste vrai qu'on remarque une effervescence de marques chinoises et certaines ne présentent aucune fiabilité. Et c'est par rapport à la qualité de leurs produits et leurs process de fabrication que nous avons choisi nos partenaires, dont HAIMA qui jouit d'une très bonne position à ce niveau là. Ce n'est, d'ailleurs, pas par hasard qu'il a été le partenaire de MAZDA en Chine pendant très longtemps.

Comment voyez-vous la réaction du consommateur algérien qui souvent pense que les véhicules chinois sont les moins chers du marché, et les moins fiables aussi?
Il est vrai que le consommateur algérien est très sensible au prix, comme il est très sensible aussi à la marque des véhicules. Ce consommateur a compris aussi que même en Chine on trouve des produits de qualité, dans tous les domaines. L'Algérien est en phase avec ce qui se passe dans le monde à travers l'Internet, la parabole, les satellites ou autre moyen de communication qui lui permette d'avoir un œil sur l'étranger. Je pense que même vous, les journalistes, qui avez peut être eu l'occasion de vous rendre en Chine, vous pouvez transmettre vos appréciations de ce que vous voyez sur place par rapport aux idées préconçues.
Rappelez vous de l'expérience vécue par les marques japonaises il y a une vingtaine d'années, ou encore des marques coréennes il y a moins d'une dizaine d'années, et voyez le changement dans l'appréciation du consommateur algérien ou même européen par rapport à ces marques qui sont aujourd'hui des références mondiales. Et je peux vous assurer que dans quelques années, les véhicules chinois seront au même niveau de qualité que les véhicules coréens.

Voulez-vous dire que par rapport à vos appréhensions quant aux véhicules à moins de 600 000 DA vous vous interdisez de commercialiser ce type de véhicules?
Aujourd'hui nous n'avons pas trouvé de voiture à ce prix là qui offre des garanties de fiabilité et de sécurité. Mais on ne s'interdit pas de chercher. Si demain on trouve un véhicule à ce prix qui correspond aux critères de notre entreprise qui sont, il est vrai, plutôt sévères, alors nous le commercialiserons. Notre seule règle, c'est de ne pas faire de concession sur la sécurité et la fiabilité.

Dans le nouveau cahier de charge qui régit l'activité des concessionnaires automobiles, il est stipulé, entre autres, que les distributeurs doivent offrir une garantie de deux ans et 50 000 km. Etes vous en mesure de répondre à cette exigence?
Nous avons commencé à offrir deux ans de garantie et 100 000 km déjà au lancement de GMC avec la marque Zotye, et c'était bien avant que ce décret ne soit publié. Nous l'avons fait indépendamment de ce décret car il s'agissait pour nous de rassurer le client algérien avant tout, et nous allons continuer à le faire avec HAIMA car nous sommes sûrs du produit que nous commercialisons.

Y a-t-il une certification ISO des produits que vous commercialisez?
HAIMA dispose des certifications à même de garantir la qualité de ses véhicules. C'est d'ailleurs ce qui justifie notre totale confiance dans ce produit.
Nous avons observé l'évolution de ce constructeur sur le marché local, c'est-à-dire chinois, en dehors des aspects liés à la qualité de fabrication, et sa marge de progression reste un des éléments qui nous ont le plus emballé.

Que représente HAIMA en Chine?
L'usine de HAIMA a une capacité de production de 300 000 véhicules/an, même si elle n'en a réalisé que 150 000 unités l'année dernière contre 80 000 unités en 2005.
Ce constructeur a toujours produit pour le seul marché local, et le marché à l'export n'a débuté qu'en 2007. HAIMA n'est, pour l'heure, distribuée qu'en Egypte, en Syrie et maintenant en Algérie.

On remarque que la gamme proposée aujourd'hui par HAIMA se limite à un seul modèle, la Family. Est-ce le seul modèle qui intéresse le marché algérien?
HAIMA compte, certes, une gamme variée, mais nous avons choisi de lancer dans un premier temps la Family pour l'introduction de la marque en Algérie. Une manière de faire connaître le produit avant de développer la gamme. D'autres modèles de segments différents arriveront au premier trimestre 2008.

Qu'en est-il aujourd'hui du réseau GMC, et comment se fera la distribution de HAIMA?
Nous comptons aujourd'hui 15 représentations à travers le pays, dont 11 agents distributeurs qui assurent la vente des véhicules et de la pièce de rechange, ainsi que la maintenance, et quatre représentations propres à GMC. Cela dit, il est clair que les réseaux de distributions de HAIMA et Zotye seront différents, c'est d'ailleurs une des conditions de HAIMA, et cela se fera graduellement. Mais dans l'immédiat, le démarrage sera assuré par le réseau existant. Nous comptons passer à 30 agents avant la fin 2008, dont une partie sera consacrée à la marque Zotye et l'autre à HAIMA.

 

Commentaires 

 
#1 malik2707 12-12-2011 15:57
je veux juste savoir si j'achete une haima, aurai-je une souplesse dans l'aquisition des pieces de rechanges..et à quel prix..