Interview
M. Mourad OULMI P-DG DE SOVACVictimes de notre succès
Auteur : AZIEZ Brahim
Publié le : 15 Septembre 2008
Sovac qui distribuait déjà trois marques automobiles a élargi son offre à une autre marque, à savoir Skoda, et toutes les quatre appartiennent au même groupe Volkswagen AG.
Je pense que l’intégration de Skoda dans le groupe Sovac est un développement logique, parce que la distribution de Volkswagen dans le monde est assurée par un même importateur pour les quatre marques que sont Volkswagen, Audi, Seat et Skoda. En Algérie c’était un peu particulier en ce sens que Skoda était déjà distribuée avant que Volkswagen n’arrive. Quand nous avons repris Volkswagen, nous avons pris Audi par la suite parce que cette marque n’était pas présente, et c’est tout aussi naturellement que nous avons introduit Seat. Tout cela s’est fait d’une manière progressive et logique. Comme Skoda avait un distributeur, nous n’allions quand même pas demander à la maison mère de lui retirer la carte pour nous la donner. Mais vu ses mauvaises performances, la carte a fini par lui être retirée, et c’est forcément à nous qu’ils l’ont proposée. Je dirai même que c’est assez légitime, plutôt que ce ne soit quelqu’un d’autre. Skoda qui n’arrivait pas décoller en Algérie est arrivée chez Sovac moins de deux ans après Seat qui, elle-même, a été lancée deux ans après Audi. N’est-il pas risqué de se retrouve avec trois marques en plein développement ? C’est vrai que cela n’est pas évident, surtout qu’à Sovac on n’arrête pas d’investir depuis 2003. On est déjà sur deux chantiers. On est entrain de relancer l’image des marques que nous distribuons. Aujourd’hui Volkswagen est une marque qui se porte très bien, Audi se porte bien aussi, et Seat de mieux en mieux. Je pense qu’on a acquis au sein de Sovac une expérience pour lancer, gérer des marques de renom, c’est pour cela que Skoda est une marque facile à développer. Pourquoi, me diriez-vous ? Parce que déjà qu’en terme de service après vente c’est la même chose, les supports techniques sont les mêmes, la formation est la même. Bref, il y a beaucoup de synergie dans la société. Il paraîtrait que vous envisagez de distribuer Porsche. Est-ce pour bientôt ? C’est vrai, nous étions en négociation avec les responsables de Porsche depuis 2006. Nous n’étions, alors, pas prêts et eux estimaient que le marché algérien n’était pas encore mature. Nous devions commercer à distribuer Porsche en 2009 mais il se trouve que l’ensemble des dirigeants qui se sont rendus en Algérie et avaient travaillé avec nous ont été changés. C’est tant mieux parce que nous ne sommes toujours pas prêts pour distribuer une marque comme Porsche. Mais je pense que cela devra se faire pour 2010 si tout va bien. Sovac opère depuis deux une grande offensive en terme de communication et de marketing, et cela se traduit pas une image de plus en plus forte. De gros investissements sont injectés dans l’infrastructure, en parallèle, et là on pense à la structure en construction ici sur l’autoroute et celle en rénovation dans les anciens ateliers de DVP. Comment arrivez-vous à supporter tout cela ? Je ne dirai pas supporter, mais plutôt assumer, parce que Sovac est une société de droit algérien, et ses propriétaires sont des algériens. Donc, nous, on ne pense pas à investir ailleurs ou d’être frileux par rapport à certaines conjonctures. Cela explique notre dynamique et notre envie de mieux faire, car vous ne devez pas ignorer que plus de 70% des intervenants dans la distribution automobile en Algérie sont des étrangers. On n’est que quatre distributeurs nationaux sur vingt-quatre, et si ce n’est pas nous qui allons investir dans notre pays, ce ne sont pas les étrangers qui vont le faire. C’est un devoir pour nous que de faire ce que nous pouvons faire pour notre pays. Ceci d’une part, et d’autre part il ne faut pas oublier que nous représentons des marques prestigieuses. Le fait d’avoir accepter de les représenter nous oblige à nous aligner sur leurs standards. Ce qui remarquable c’est que plus vous investissez plus vous rencontrez d’aléas. A commencer par ces problèmes de stock et d’approvisionnement qui ont marqué pendant plusieurs mois les véhicules phares que sont Polo et Golf V. cela ne vous freine t-il pas outre mesure ? Du tout. Je pense, plutôt que nous sommes victimes de notre succès. Cela marche tellement bien, et malgré les stocks que nous avons faits, le marché a été au-delà de nos prévisions. Le mot que j’ai utilisé est juste. Justement, le marché évoluait, jusqu’à juillet dernier, à prés de 40% alors que Volkswagen voyait ses chiffres stagner. Avez-vous mal anticipé cette croissance ? Je dirai plutôt qu’on est entrain de progresser. A notre rythme peut être, mais on progresse. Seulement, il ne faut pas oublier que nous sommes dans un marché de prix et que cette progression dont vous parlez elle se trouve dans les 400 000 DA/800 000 DA, là où on n’est pas présent. Nous sommes sur un segment qui totalise à peine 20% de part de marché. A titre d’exemple, il y a trois ans on vendait une centaine de Passat par an, aujourd’hui on est à 700 Passat par an. Sur ce segment,Volkswagen détient 60% de parts. On faisait 1000 Golf pour 4000 à 5000 Peugeot 307, alors que cette année l’écart des volumes entre la Golf, la Megane et la 307 se réduit. Et je peux vous dire que dans un à deux ans on va les rattraper avec la Golf?VI. Il en est de même pour le Polo. Et si on tient compte de ces éléments là on se rend compte que notre progression est plus importante que la concurrence. Notre stratégie de communication commence véritablement à porter ses fruits. Cette nouvelle taxe sur les véhicules neufs ne risque t-elle pas de constituer un frein à son tour ? Non. Du moins pas sur notre gamme. Nous sommes sur un marché demandeur qui est loin d’être arrivé à saturation. Il est vrai que cette taxe n’est pas pour encourager les petits revenus à acheter des véhicules neufs. Déjà que le pouvoir d’achat est très faible, il n’y a pas de moyens de transport, le étro et le tramway ne sont pas encore opérationnels… Bref, il n’y a rien, et vous rajouter une taxe de 10 à 12% à des gens qui sont déjà défavorisés et pour qui la voiture devient une nécessité. Maintenant, l’Etat est souverain, et nous on applique. Que représente le crédit et les acquisitions avec licences de moudjahidine dans vos différentes marques ? Le crédit ne représente pas beaucoup, ou plutôt il représente prés de 25%. Quant aux acquisitions avec licences de moudjahidine c’est carrément 50% du haut de gamme. A la lecture de vos résultats, l’utilitaire représente moins de 25% de vos volumes, et on ne peut pas dire que vous soyez très offensifs sur ce segment de véhicules. Est-ce pour dire que vous vous focalisez sur les véhicules de tourisme ? Du tout. Je vous donne quelques chiffres. Nous allons atteindre cette année 1500 véhicules utilitaires contre 500 l’année dernière. La progression est carrément de 300%. N’oubliez pas que comparé au Kangoo, Partner ou Berlingo, le Caddy est 30% plus cher. Et avec ça nous sommes entrain de récupérer leurs parts du marché. Le Craffter est encore plus difficile à placer, il reste un produit de niche. On a l’impression que vous êtes en stand by, attendant l’achèvement de vos chantiers ? Oui et non. Notre ambition est d’être, à l’horizon 2015, peut être pas les leaders du marché, mais dans le podium, et pour cela nous nous préparons pour être prêts le moment venu, surtout avec la panoplie de véhicules qui va sortir d’ici là. On va être sur le segment des Pick Up, entre autres, et pourquoi pas sur celui des véhicules à 800 000 DA. Et on ne pas faire comme les autre et courir derrière le volume. On se prépare à recevoir une gamme complète avec l’achèvement de tous nos chantiers en 2010. Comment voyez-vous, justement, l’évolution du marché, et à combien l’estimez-vous une fois saturé ? Je pense que l’évolution ne va pas s’arrêter là. L’Algérie est un grand pays avec prés de 40 millions d’habitants et 200 000 véhicules par an c’est rien. A 1% on se serait retrouvé Cela dit, le marché se porte bien, la profession se structure de plus en plus et tous les indicateurs disent qu’on a de beaux jours devant nous. Pour ma part, et par rapport à certains paramètres, je pense que le volume réel du marché est de 500 000 véhicules/an. Tout le monde est conscient qu’il faut investir encore plus et fournir plus d’efforts, même si notre grand défi du moment est de trouver les personnels qualifiés. Etes-vous favorable à l’instauration de normes d’homologations plus strictes des véhicules ? Ce n’est pas le sujet d’actualité. Vous avez aujourd’hui 80% du parc automobile roulant qui a plus 15 ans d’âge, et c’est justement ce parc qu’il s’agit de renouveler. Je ne suis pas d’accord avec ceux qui dénigrent la petite Maruti, car j’estime qu’elle répond à un besoin et à un pouvoir d’achat. On ne peut pas, non plus, en exiger les mêmes performances et autres équipements de confort et de sécurité qu’un voiture européenne. Sovac vient d’offrir deux Volkswagen aux médaillés olympiques algériens, et ce n’est pas la première fois que vous faites un geste en direction du sport. Croyez-vous tant que ça au sport algérien ? Il est vrai qu’on a essayé de suivre le groupe Volkswagen AG qui a accompagné le comité olympique international. Mais le nationalisme n’est pas le monopole des personnes. Je pense qu’il de mon devoir et du devoir de tout un chacun de soutenir, d’accompagner, de sponsoriser le sport, la culture avec le festival de Hadj El Anka, le festival du film arabe etc… Nous faisons cela à l’entreprise car nous sommes issus d’une famille de sportifs, nous venons d’un quartier au club historiquement tourné vers le sport. Je parle du Rama. C’est, donc, un retour naturel pour nous vers une activité dans laquelle on baigné durant notre enfance. |
Essai
-
Toyota Prius III 136 chLa voiture des stars dans les rues d’Alger
-
Essai Skoda Yéti 1.8 TSI/160 chL’abominable « bête » des montagnes
-
Essai de l’Opel Insigna Sport Tourer 4x4 2.8 OPC/325 chUn break de «chasse»
-
Essai Mini Contryman CooperS 1.6 THP/184 chUne Mini qui prend de la hauteur
-
Essai Peugeot Partner Tepee 1.6/HDI FAP 110 ch Premium+Pour le confort des familles
Actualités
-
Marché des véhicules neufs en AlgérieUn mois d'Avril fou!
-
5e édition d'Ouest VU/VI et 6e Autosav au palais des conventions d'OranOuverture aujourd'hui dans une nouvelle ambiance
-
Kia AlgérieCampagne de fidélisation
-
Nouveauté ToyotaLe RAV4 Vanguard arrive
-
Salon des deux rouesMMDI remet un scooter au vainqueur du Quizz radio el Bahdja
Interview
-
Entretien avec Arachiche Benyoucef (pdg de Ghazal)« Les avantages du GPL sont multiples »
-
Entretien avec Tahar Messaoud-Nacer« Renforcer le contrôle dans les villes »
-
Entretien avec Dirk Joerke, directeur général de SOVAC (Audi, VW, Seat et Skoda)« LAlgérie est devenue un marché de référence »
-
Mohamed Baïri, Président de l’association des concessionnaires automobiles algériens (AC2A)« L’application de la loi est une obligation »
-
Omar Rebrab (vice président de Hyundai Algérie)« Le mal de ce pays est l'absence de communication »










