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Mesure protectrice ou desseins inavoués

Auteur : AZIEZ Brahim   
Publié le : 15 Août 2008
Tour à tour, le directeur général des impôts et le ministre des finances ont essayé d’argumenter cette « taxation » en invoquant l’explosion du parc automobile et la croissance vertigineuse des importations. Pour Karim Djoudi, « l’Algérie a engagé de gros investissements en matière de transport en commun, notamment les projets de tramway et de métro.
Ces investissements nécessitent un soutien très fort de l’Etat de manière à ce que la population puisse y accéder à des coûts très faibles », estime-t-il, avant de préciser que les citoyens et les concessionnaires automobiles participeront à cet effort.
Les premiers en payant une taxe variant de 50.000 à 150.000 DA en fonction de la cylindré et la type de carburation de leur véhicule, et les seconds en déboursant 1% de leur chiffre d’affaires annuel en sus des 2% prévus par la loi (TAP).
Cependant, le ministre consent à reconnaître que ces mesures vont participer à la réduction de la demande en véhicules sur le marché national. « Il est évident qu’il va y avoir un phénomène de tension sur la demande (...). Elle pourrait s’atténuer suite au renchérissement prévu de leur prix », confesse-t-il. Et le ministre des finances de souligner à un confrère que« la valeur ajoutée, la richesse et l’emploi ne sont pas faits chez nous. Ils se font à l’extérieur », insinuation à peine voilée à l’endroit des concessionnaires automobiles établis en Algérie. Ceux-ci seraient accusés de ne pas favoriser la création de l’emploi et de la richesse en Algérie. « Les investissements doivent se faire en Algérie et nous ne devons pas nous limiter à la consommation de produits finis» , plaidé Karim Djoudi en invitant implicitement les constructeurs automobiles à s’intéresser à l’Algérie.
« Si les investisseurs dans le marché automobile marquent un intérêt pour être présents sur le marché national en investissant chez nous, en créant de l’emploi et de la richesse chez nous et non pas sur le marché étranger, là nous aurons à étudier des conditions fiscales plus avantageuses », a-t-il renchéri sur un ton ferme. Avis aux concernés !
On se rappelle que le ministre de l’industrie avait déclaré, il y a moins de deux mois, que le nom du constructeur automobile qui allait s’implanter en Algérie serait connu bientôt, alors que le président de la République qui a assisté à la cérémonie d’ouverture de Béjing a annoncé, depuis la Chine, qu’un constructeur chinois allait lancer son unité de montage en Algérie, sans en préciser le nom.
Du coup, on est tenté de s’interroger sur les dessous de cette nouvelle taxe. S’agit-il d’une mesure « punitive » à l’endroit de toutes les marques qui ne font que vendre des véhicules en Algérie sans la moindre perspective d’y installer une unité de montage ou est-ce une mesure protectrice pour encourager le constructeur chinois à investir dans le montage chez nous ? La moins plausible des hypothèses serait que l’Etat veuille réellement réduire le flux des importations de véhicules neufs en raison de la saturation du réseau routier.

Taxe sur la transaction des véhicules automobiles (TTVA)

Véhicules de tourisme et utilitaires essence

- Dont la cylindrée n’excède pas 800 cc : 50 000 DA
- Dont la cylindrée est supérieure à 800 cc et inférieure à 1500 cc :     70 000 DA
- Dont la cylindrée est supérieure à 1500 cc et inférieure à 2000 cc : 80 000 DA
- Dont la cylindrée est supérieure à 2000 cc et inférieure à 2500 cc : 90 000 DA
- Dont la cylindrée est supérieure à 2500 cc : 100 000 DA

Véhicules de tourisme et utilitaires diesel

- Dont la cylindrée n’excède pas 1500 cc : 70 000 DA
- Dont la cylindrée est supérieure à 1500 cc et inférieure à 2000 cc : 90 000 DA
- Dont la cylindrée est supérieure à 2000 cc et inférieure à 2500 cc : 100 000 DA
- Dont la cylindrée est supérieure à 2500 cc : 150 000 DA
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