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A quelle porte frapper ?

Publié le : 01 Octobre 2009
Depuis Décembre 2007, de nouveaux textes régissent la profession qui a eu 18 mois de période de grâce pour s’y conformer. Parmi les nouvelles règles auxquelles seront soumis les concessionnaires, et qui sont sensées profiter aux consommateurs on note : - Le prix de vente qui doit figurer sur le bon de commande devra être ferme et non révisable, quelles que soient les fluctuations des devises (Euro ou Dollar). Certaines marques « haut de gamme » regrettent de ne pouvoir s’y conformer en raison de l’impossibilité de se couvrir d’une marge qui risque d’être trop excessive pour couvrir leurs pertes en cas de flambée des devises entre la date de commande et celle de la livraison, surtout que la plus part de leurs commandes portent sur des véhicules personnalisés.
Depuis Décembre 2007, de nouveaux textes régissent la profession qui a eu 18 mois de période de grâce pour s’y conformer. Parmi les nouvelles règles auxquelles seront soumis les concessionnaires, et qui sont sensées profiter aux consommateurs on note :     - Le prix de vente qui doit figurer sur le bon de commande devra être ferme et non révisable, quelles que soient les fluctuations des devises (Euro ou Dollar). Certaines marques « haut de gamme » regrettent de ne pouvoir s’y conformer en raison de l’impossibilité de se couvrir d’une marge qui risque d’être trop excessive pour couvrir leurs pertes en cas de flambée des devises entre la date de commande et celle de la livraison, surtout que la plus part de leurs commandes portent sur des véhicules personnalisés.     - L’acompte qui doit être versé pour passer commande ne devra pas dépasser 10% du prix du véhicule. Il se trouve, encore, des concessionnaires qui exigent au moins 30% d’avance sur le prix du véhicule à la commande, tout en réclamant le reste à l’arrivée du véhicule et non à la livraison.     - Les délais de livraison ne doivent plus dépasser les 45 jours, faute de quoi, le client est en mesure de récupérer son avance, de même qu’une majoration de 10% plus 1% pour chaque jour de retard. Les excuses les plus récurrentes sont imputées aux « congestions » du port d’Alger qui font patienter les bateaux en rade des jours, voire des semaines. Les plus pénalisés sont ceux qui achètent (ou plutôt achetaient) leur véhicule à crédit, et qui ne peuvent plus faire marche arrière. Les autres se résignent souvent à patienter encore quelques jours pour recevoir leurs véhicules, surtout que le refrain qui revient souvent est « les véhicules sont en cours de dédouanement, le problème nous dépasse !».     - Les frais de livraison devront, désormais, être assurés par le concessionnaire et non par  l’acquéreur comme c’était le cas pour les clients dans certaines villes de l’Est, de l’Ouest ou du Sud du pays qui devaient s’acquitter des frais de livraison. Rares sont ceux qui s’y conforment aujourd’hui, mais le pire est à venir. Il se trouve, en effet, que l’arrêté du ministère des transports interdisant le débarquement des marchandises non conteneurisée au port d’Alger à partir du 1er Octobre (les ports de Mostaganem, Djendjen et Ghazaouet ayant été affectés pour les véhicules) risque de compliquer les choses puisque les concessionnaires parlent déjà de coûts supplémentaires que le consommateur devra subir.     - Les véhicules achetés neufs devront disposer d’une quantité de carburant devant leur assurer une autonomie de 50 km au moins. Généralement, les véhicules sont livrés avec le voyant de la jauge de carburant allumé (orange ou rouge, cela dépend de la marque), et une autonomie qui autorise un tout petit parcours ne pouvant excéder quelques kilomètres. Pas évident pour tout le monde, surtout qu’il faut un tas d’autorisations pour disposer d’une pompe pour la distribution interne, et toute une organisation pour ce faire. Les plus chanceux des concessionnaires voient leurs centres de livraisons ou parcs situés à proximité d’une station service, mais seuls quelques uns  consentent à donner des bons de carburant à leurs clients (le cas de Peugeot) ou daignent mettre un peu du précieux liquide dans le réservoir.     - Les véhicules neufs devront être livrés avec des plaques d’immatriculation conformes à la  réglementation et non écrits au stylo à feutre sur des supports adhésifs, quand les matricules ne sont pas carrément écrits à la craie. Fort est de constater que l’adhésif continue à être appliqué en lieu et place des plaques d’immatriculations, et même que des nouveaux acquéreurs se font verbaliser par les agents de l’ordre qui sévissent lorsqu’ils constatent que le véhicule a été réceptionné par son propriétaire depuis plus de 48 heures. Et c’est compréhensifs lorsque le nouveau propriétaire d’un véhicule doit attendre un mois ou deux pour disposer de l’ensemble des documents devant lui permettre de prétendre à sa carte grise, sachant qu’une plaque minéralogique coûte 800 DA en moyenne. Le problème n’aurait même pas besoin d’être soulevé si les véhicules neufs étaient livrés avec leurs documents au complet.        - La garantie doit être de deux années au moins, avec un kilométrage qui ne doit pas être inférieur à 50 000 km pour les véhicules particuliers et 100 000 kilomètres pour les poids lourds, et c’est au client d’opter pour tel ou tel terme. Pour l’heure, les concessionnaires continuent à offrir des garanties de 2 ans ou 50 000 km, au premier terme échu.     - Les concessionnaires doivent garantir une main d’œuvre qualifié et une disponibilité des pièces de rechange     - Les véhicules doivent être livrés avec un triangle de signalisation. Seuls certains distributeurs le font, à limage de Diamal (distributeur des marques Chevrolet et Opel) et Elsecom (Suzuki).      Il est, malheureusement, encore donné de constater qu’aucun concessionnaire ne remplit complètement ces exigences. Au meilleur des cas, seulement certaines de ces conditions sont accomplies. Mieux encore, certains paramètres ayant trait à l’état de livraison des véhicules comme ceux qui ont plusieurs mois de stockage, qui ont été accidentés durant le transport ou qui ont subi des interventions hors de l’usine sans que le client n’en soit informé ne sont pas pris en considération. Il est clair aussi que le texte en question ne précise pas les obligations du concessionnaire en matière de services après vente, mais l’application complète de l’ensemble de ces conditions aurait été un acquis très enviable pour le consommateur algérien. Seulement, le plus frustrant pour le consommateur algérien reste l’absence d’une structure bien définie vers laquelle il serait orienté et qui serait à même de prendre en charge ses conflits avec les concessionnaires, en dehors des directions de la concurrence et des prix des wilayas, et qui, le plus souvent, croulent déjà sur bien d’autres dossiers.
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